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Angela Merkel s'est dite "optimiste et déterminée" vendredi à l'entame des négociations pour la formation d'un gouvernement avec ses partenaires de la CSU et les sociaux-démocrates du SPD. La chancelière allemande a exprimé sa volonté d'aboutir "rapidement" à un accord, après quatre mois d'atermoiements qui ont érodé sa stature sur le plan national comme international. Le président du SPD Martin Schulz a lui insisté sur la nécessité pour une éventuelle coalition d'avoir un programme clairement pro-européen face aux tendances isolationnistes des Etats-Unis de Donald Trump. L'objectif doit être "de faire à nouveau de l'Allemagne un leader européen", a-t-il dit.

Angela Merkel a jusqu'ici émis le souhait de tout boucler pour le 11 février au plus tard. Mais rien n'est moins sûr compte tenu des sujets de contentieux qui demeurent et des profondes divisions au sein des sociaux-démocrates du SPD sur l'opportunité même de servir à nouveau d'appoint aux chrétiens-démocrates pour former une majorité.

Le SPD a accepté de justesse lors d'un congrès dimanche dernier de discuter d'un contrat détaillé en vue d'une nouvelle "grande coalition". Ceci afin de permettre à la chancelière d'entamer un quatrième mandat à la tête de la première puissance économique européenne.

Pour conclure les tractations gouvernementales, le SPD - tombé à 19% des intentions de vote dans un sondage publié vendredi - demande des concessions, qui laissent les conservateurs très sceptiques: davantage de regroupements familiaux pour les migrants, une réduction des inégalités face à l'assurance maladie et moins de flexibilité sur le marché du travail.

Sans cela, les sociaux-démocrates pourraient voir un éventuel accord rejeté par leurs 440.000 militants, qui auront le dernier mot, en votant pour ou contre le contrat de coalition. Si les militants rejetaient l'accord, de nouvelles élections législatives deviendraient inéluctables.

Les pourparlers entre le CDU, la CSU et le SPD ont débuté ce vendredi à 09h00. Il s'agit de la deuxième tentative de la chancelière allemande pour former un gouvernement. Après sa victoire électorale en demi-teinte à l'automne, elle a déjà échoué à former une alliance avec les Verts et les libéraux.