International 223 députées. C'est l'un des chiffres à retenir de ces élections législatives. Même si l'égalité hommes-femmes n'est pas encore atteinte, le gouvernement Macron bat les records.
    

Lors du second tour, 83 circonscriptions ont vu s'opposer deux femmes. Finalement, ce sont trois fois plus de députées qui siègeront les cinq prochaines années. Ces 223 femmes représentent dorénavant 38,65% de l'Assemblée. La parité est encore loin. Mais on peut déjà observer un phénomène grandissant.

Et c'est au sein du parti centriste qu'on retrouve le plus de femmes avec 46,45% de femmes élues, contre 23,89% chez le premier parti d'opposition, Les Républicains, selon LCI.

Comment expliquer une telle évolution, qui plus est, aussi rapide ? Une loi sur la parité a été votée en 2001 en France. En plus de la loi, on peut supposer une prise de conscience des partis et l'effort accompli pour respecter la parité. Cependant, le sexisme reste monnaie courante dans l'hémicycle et reflète "le machisme de ce huis clos politique où les femmes sont souvent perçues comme illégitimes", souligne le collectif Chaircollaboratrice.com.

Les députées victimes de sexisme

La féminisation des débats soulève une autre question : quelle sera l'ambiance à l'Assemblée ? Les politiciennes se disent quotidiennement victimes d'attaques relatives à leur sexe. Avec des séances parfois longues et houleuses, certains députés mettent de temps en temps leur respect de côté pour attaquer bassement une de leurs collègues. On se rappelle des caquètements pendant l'intervention de Véronique Massonneau "Arrêtez, je ne suis pas une poule !". Ou de Décile Duflot qui s'était faite sifflée pour sa robe à fleurs. Les exemples sont nombreux et peu élogieux. 


Le site internet chaircollaboratrice.com a d'ailleurs été mis en place pour recenser les témoignages de ces femmes. Certains sont édifiants comme l'histoire de ce député qui salue deux collaboratrices par un « mes petites filles » lourd de sous-entendus. Ou ce sénateur qui en interrompt deux autres en pleine discussion technique sur la réforme territoriale en leur lançant : « Alors les petites garces, vous nous faites un spectacle de pom-pom girls ? ».

Un nombre incroyable d'expériences a été rassemblé sur la plateforme et montre un machisme récurrent et quotidien. Quand ce ne sont pas des remarques telles que « Elle écrit bien ma collaboratrice pour une fille », ce sont des les contacts physique que déplorent les députées. Des massages d'épaules dès le premier jour aux claques sur les fesses, quelques députés hommes n'y vont pas de main morte. D'autres affirment à celles plus stressées « avoir les outils pour (les) calmer ».

Qui siègera au poste de Président de l'Assemblée ?

Il restera à voir dans l'avenir si cette vague paritaire n'est qu'un leurre et si des postes importants seront confiés à des femmes. La présidente de l'Assemblée en sera-t-elle une ? Pour un gouvernement des "premières fois de l'histoire politique", ce serait un nouvel élément "évolutionniste" considérable à rajouter à la liste Macron.