International La décision émane de la Cour d'Appel de Vienne qui avait à traiter une plainte portée par le vice-chancelier d'extrême droite, Heinz-Christian Strache. Le vice-chancelier attaquait un groupe d'extrême gauche qui avait témoigné tout le mal qu'il pensait de l'homme politique, par un signe du majeur et plusieurs "fuck" adressés lors d'une manifestation. Heinz-Christian Strache y voyait là une "injure publique".

Dans leur jugement rendu ce mercredi et relayé sur le site du journal français Le Monde, les juges ont mis en évidence que le "rejet d'un dirigeant politique" pouvait être "exprimé de façon provocatrice et choquante" et que cela relevait d'un "élément fondamental de la liberté d'opinion". D'ailleurs, ce jugement ne fait que confirmer la décision du tribunal de première instance qui avait lui aussi débouté le plaignant.

Le groupuscule Linkswende Jetzt ("à gauche toute maintenant") a bien sûr salué jeudi "une victoire pour la liberté d’opinion et pour la liberté de la presse". L'occasion pour lui d'en remettre une couche avec le slogan qu'il tente de véhiculer : "je dis fuck à à Strache, parce que..."

"Casse-toi pov'con"

En France, font remarquer nos confrères du Monde, la justice ne fut pas aussi clémente lorsqu'elle dû juger Hervé Eon, un ancien conseiller socialiste qui avait brandi une pancarte "Casse toi pov'con" lors du passage du cortège du président de l'époque Nicolas Sarkozy. Il avait alors été condamné à 30 euros d'amende avec sursis pour "offense au chef de l'Etat". Quelques années plus tard, la Cour européenne des droits de l'homme considérait que la France avait violé la liberté d'expression lors de ce jugement. Elle pointait alors "un effet dissuasif sur des interventions satiriques qui peuvent contribuer au débat sur des questions d’intérêt général".