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Ilham Aliev est peut-être homme plein de qualités. Mais parmi celles-ci, n'y cherchez pas le respect de la démocratie. D'ailleurs, l'indice de démocratie établi par The Economist porte l'Azerbaïdjan à la 148e place mondiale sur 167 pays, bien entouré des Ermirats arabes unis et de l'Afghanistan.

Dernier épisode en date, la nomination à la vice-présidence du pays Mehriban Arif Gyzy Alieva, ophtalmologue de formation, nommée ambassadrice de bonne volonté de l'Unesco depuis 2004 et députée depuis 2005. "Elle est professionnelle, éduquée, elle a de l'expérience et des principes, elle est magnanime", rajoute Alham Aliyev, le président, pour justifier son choix. Détail : cette femme politique est aussi l'épouse du président.

Très présente sur les réseaux sociaux, c'est justement sur Instagram que la nouvelle vice-présidente a annoncé la nouvelle de sa nomination.

Une vision toute relative de la démocratie

Pour autant, on l'a dit, Mehriban Alieva n'est pas une nouvelle venue en politique. Députée depuis douze, elle dirige aussi la très influente fondation Heydar Aliev, du nom de l'ancien président du pays. Ah oui, on a oublié de vous prévenir, Ilham Aliev a succédé à son père à la présidence du pays en 2003, quand celui-ci se faisait trop malade pour gouverner. L'élection présidentielle de l'époque avait été vivement critiquée par la communauté internationale. Elle lui reprochait l'intimidation des électeurs, l'inégalité d'accès aux médias pour les candidats ou d'autres violations fréquentes des processus électoraux. On comprend dès lors mieux le score de 76,84% réalisé par Ilham Aliev. A la suite de cette élection contestée, des centaines d'opposants avaient été arrêtés et maltraités. L'état de la démocratie du pays avait d'ailleurs fait l'objet d'une longue enquête de Cash Investigation sur France 2.

Cette nouvelle nomination de la femme du président par le président lui-même s'inscrit dans la même lignée. L'Azerbaïdjan, où quand l'expression "couple présidentiel" prend tout son sens…