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C’est le pilier de la stratégie américaine en Afghanistan : mettre la pression sur le Pakistan, allié des talibans. Dans son allocution, Donald Trump n’a pas mâché ses mots contre un pays qui a reçu 20 milliards de dollars d’aide depuis 2001 : "On a versé des milliards et des milliards de dollars aux Pakistanais alors que, pendant ce temps, ils abritent les terroristes que nous combattons. Il va falloir que ça change, et que ça change tout de suite."

À Kaboul, les Afghans ont applaudi en écoutant ces déclarations musclées. "Si la guerre en Afghanistan dure, c’est parce que le Pakistan fournit des bases arrières aux talibans et au réseau Haqqani" (l’une des principales factions insurgées), a martelé Sediq Sediqi, porte-parole du ministre de l’Intérieur.

En critiquant le Pakistan, Donald Trump pose une équation que ses deux prédécesseurs n’ont jamais résolue : comment persuader ce dernier de cesser son appui à l’insurrection ? Le problème est épineux. Tout repose sur un contentieux vieux de 70 ans entre Kaboul et Islamabad. Depuis l’indépendance du Pakistan en 1947, l’Afghanistan conteste le tracé de la frontière et réclame le rattachement des régions pachtounes de son voisin. Pour Kaboul, les Pachtounes étant l’ethnie majoritaire en Afghanistan, ils doivent vivre dans un même pays. Face à cela, Islamabad a soutenu l’opposition islamiste dès les années 70, soutien qui se porte aujourd’hui sur les talibans.

Un appel à l’Inde

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