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L’armée syrienne a annoncé samedi avoir repris intégralement l’enclave rebelle dans la Ghouta orientale près de Damas après l’évacuation des derniers insurgés de la ville de Douma, au terme d’une offensive dévastatrice de près de deux mois. Cette annonce, qui constitue une importante victoire pour le pouvoir du président syrien Bachar al-Assad, est intervenue quelques heures après des frappes militaires menées par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne. L’armée syrienne avait lancé le 18 février une offensive pour reprendre les dernières zones rebelles dans cette région située aux portes de la capitale Damas. 

Les violents combats et les bombardements dévastateurs ont tué plus de 1 700 civils, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), une ONG qui dispose d’un vaste réseau de sources dans le pays. Le chef de l’Onu Antonio Guterres avait alors estimé que la situation dans la Ghouta équivalait à "l’enfer sur Terre". Cette reconquête était cruciale pour le régime qui en avait fait son principal objectif depuis le début d’année. Elle met d’abord fin aux tirs meurtriers d’obus et de roquettes rebelles sur la capitale. Mais elle permet également au président Assad, qui a renversé depuis 2015 une situation militaire défavorable grâce au soutien des Russes et des Iraniens, de contrôler désormais plus de la moitié de la Syrie, où vivent les deux tiers de la population.

La chute de la Ghouta orientale ouvre la voie à un redéploiement des ressources militaires du régime, qui pourrait en profiter pour tenter de liquider les dernières poches qui échappent à son contrôle à Damas et autour. Le quotidien prorégime Al-Watan juge que la priorité pourrait être de "régler définitivement la question du sud de la capitale", notamment dans le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, où subsiste un réduit dominé par le groupe Etat islamique (EI). Pour de nombreux experts, la prochaine cible pourrait toutefois être la province de Deraa, un des berceaux de la contestation anti-Assad en 2011. Proche de la Jordanie et du Golan annexé par Israël, la province est morcelée entre différents groupes rebelles, qui en contrôlent près de 70 %, les forces du régime et l’EI, qui y maintient une moindre présence. 

© AFP