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Après les opérations en cours dans l’est, le régime devra affronter les rebelles islamistes à l’ouest, relève Thomas Pierret.

La Syrie est encore, çà et là, sous la coupe ou la menace des forces rebelles islamistes. Si les djihadistes du groupe Etat islamique sont en net reflux, voire en passe d’être défaits tant dans leur "capitale" de Raqqa (nord) qu’à Deiz Ezzor (est), d’autres groupes de "barbus" armés demeurent, en particulier à Idlib (ouest). Thomas Pierret les connaît bien. Ce spécialiste de la Syrie, chargé du cours "Islam contemporain" à l’université d’Edinburgh, était l’un des invités du récent colloque de l’ULB consacré au phénomène islamiste dans le monde. Nous l’avons interrogé.

Les groupes islamistes armés présents en Syrie cherchent-ils à jouer un rôle politique après la guerre ?

Ils le font déjà dans la mesure où la plupart des groupes islamistes, hormis les djihadistes, participent au processus diplomatique d’Astana (institué en 2016 sous l’égide de la Russie, de l’Iran et de la Turquie, NdlR). Sauf qu’Astana est davantage un processus technique d’instauration d’un cessez-le-feu qui, du point de vue du régime, n’a absolument pas vocation à servir de point de départ à un processus politique. Le régime ne croit pas à la nécessité d’un tel processus, qui requiert des compromis, un partage du pouvoir, etc. Le régime veut juste voir l’opposition revenir faire amende honorable et se repentir de ses fautes.

Les alliés du gouvernement syrien pourraient l’y inciter…

Il n’y a, à ce stade, aucune pression significative de la Russie ou de l’Iran sur le régime afin que celui-ci lâche du lest. Ce que la Russie essaie de faire, c’est de saborder l’opposition syrienne en la contraignant à inclure un nombre croissant de nouvelles organisations qui sont, pour l’essentiel, des clients russes. Il y a deux grandes plates-formes, celle de Moscou et celle du Caire, qui sont des groupes d’opposants plus consensuels que ne l’est la Coalition nationale.