International Le pays bouddhiste persécute le peuple rohingya.

Où qu’il se trouve, où qu’il se sauve, le peuple rohingya est éternellement rejeté. Les forces de sécurité birmanes ont "tué des hommes, en tirant sur eux, abattu des enfants, violé des femmes, brûlé et pillé des maisons", rapporte John McKissick, le responsable du Haut commissariat aux réfugiés (HCR) installé à Cox’s Bazar, juste de l’autre côté de la frontière, au Bangladesh.

Le pays voisin en voit arriver, des Rohingyas : ils seraient plus de deux mille à avoir tenté de trouver refuge au Bangladesh ces jours-ci, pour échapper aux opérations militaires birmanes; elles ont été lancées à la suite d’attaques meurtrières menées, début octobre, contre des postes de police et attribuées à des rebelles musulmans.

Dhaka, qui essaie d’endiguer l’afflux en patrouillant à la frontière et en refoulant les réfugiés, a appelé Rangoon, mercredi, à prendre des "mesures urgentes et appropriées pour que les minorités musulmanes ne soient pas forcées de se réfugier de l’autre côté de la frontière". Pour John McKissick, interrogé par la BBC, "il est très difficile pour le gouvernement bangladais de dire que la frontière est ouverte parce que cela encouragerait le gouvernement du Myanmar (Birmanie, NdlR) à poursuivre dans ses atrocités jusqu’à ce qu’ait été atteint le but suprême d’épuration ethnique de la minorité musulmane du Myanmar".

Les Rohingyas, que l’Onu qualifie de population la plus persécutée au monde, vivent en Birmanie depuis plusieurs générations. Mais la junte militaire a promulgué une loi en 1982, leur déniant la citoyenneté et, donc, le droit même d’avoir des droits, si bien qu’ils sont apatrides dans leur pays.

Les dernières violences meurtrières constituent un défi de taille pour le gouvernement civil. D’autant qu’il est dominé par Aung San Suu Kyi, toujours auréolée d’un prix Nobel de la paix.