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Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé lundi Israël de "terrorisme d'Etat" et de "génocide", après la mort d'une cinquantaine de Palestiniens tués par l'armée israélienne à Gaza. "Israël sème le terrorisme d'Etat. Israël est un Etat terroriste", a déclaré M. Erdogan à des étudiants turcs à Londres, dans un discours retransmis à la télévision.

"Ce qu'Israël a fait est un génocide. Je condamne ce drame humanitaire, ce génocide, d'où qu'il vienne, d'Israël ou d'Amérique", a ajouté le chef de l'Etat dont le pays a rappelé pour consultations ses ambassadeurs en Israël et aux Etats-Unis après le "bain de sang", selon le vice-Premier ministre Bekir Bozdag.

La Maison Blanche a elle imputé lundi au Hamas la "responsabilité" des 52 Palestiniens tués par l'armée israélienne dans la bande de Gaza lors de manifestations contre le transfert à Jérusalem de l'ambassade américaine en Israël.

"La responsabilité de ces morts tragiques repose entièrement sur le Hamas", a dénoncé Raj Shah, le porte-parole adjoint de l'exécutif américain.

Mahmoud Abbas refuse toute médiation de paix américaine

Le président de l'Autorité palestinienne a dénoncé lundi un "massacre" israélien dans la bande de Gaza, après la mort de 52 Palestiniens tués par l'armée israélienne lors de manifestations et de heurts contre le transfert à Jérusalem de l'ambassade des Etats-Unis en Israël. "Les Etats-Unis ne sont plus un médiateur au Moyen-Orient", a aussi déclaré Mahmoud Abbas à Ramallah, devant la direction palestinienne, qualifiant l'ambassade américaine de "nouveau poste avancé de la colonisation".

Il a annoncé trois jours de deuil dans les Territoires palestiniens et une grève générale mardi, jour où les Palestiniens marquent la "Nakba", la catastrophe que représente pour eux la création en 1948 de l'Etat d'Israël.

Faisant référence au plan de paix promis par le président américain mais qu'il n'a pas encore dévoilé, Mahmoud Abbas a déclaré: "Nous n'accepterons rien de leur part, nous n'écouterons rien venant d'eux".

L'Autorité palestinienne n'acceptera qu'une "médiation internationale", a-t-il ajouté.

De son côté, dans la bande de Gaza, l'un des responsables du Hamas, Khalil al-Hayya, a prévenu que "les factions de la résistance, au premier rang desquelles le Hamas et les brigades Ezzedine al-Qassam (le bras armé du Hamas), ne resteront pas silencieuses devant les crimes" israéliens.

Il a indiqué que les manifestations allaient se poursuivre et a appellé les Gazaouis à revenir mardi près de la barrière qui sépare l'enclave d'Israël.

Le Koweït demande une réunion en urgence mardi du Conseil de sécurité

Le Koweït a demandé la tenue mardi matin d'une réunion publique du Conseil de sécurité sur la situation au Proche-Orient après la mort de plusieurs dizaines de Palestiniens tués par des militaires israéliens, a annoncé lundi la mission diplomatique koweïtienne à l'ONU. "Nous condamnons ce qu'il s'est passé. Il y aura une réaction de notre part", avait affirmé un peu plus tôt Mansour al-Otaibi, ambassadeur à l'ONU du Koweït qui occupe un siège de membre non-permanent au Conseil de sécurité.

Selon son homologue palestinien à l'ONU, Riyad Mansour, les tirs israéliens dans la bande de Gaza ont tué "huit enfants de moins de 16 ans" parmi les dizaines de civils palestiniens abattus. "Plus de 2.000 (Palestiniens) ont été blessés", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.

L'ambassadeur palestinien avait précisé attendre du Conseil de sécurité qu'il "endosse ses responsabilités pour arrêter ce massacre, le condamner et traduire ses responsables en justice".

Le diplomate a aussi indiqué que son collègue basé à l'ONU à Genève essayait d'obtenir de son côté une réunion d'urgence du Conseil des droits de l'homme des Nations unies pour déclencher une enquête indépendante sur les évènements survenus lundi à Gaza.

Les nouveaux décès palestiniens font de lundi la journée la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis la guerre de l'été 2014 dans l'enclave palestinienne.

L'Arabie saoudite condamne les tirs israéliens à Gaza sans évoquer l'ambassade à Jérusalem

L'Arabie saoudite a condamné lundi les tirs israéliens qui ont fait au moins 52 morts et des centaines de blessés parmi les Palestiniens de Gaza, sans évoquer l'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem. "L'Arabie saoudite condamne avec force les tirs des forces d'occupation israéliennes contre des civils palestiniens désarmés qui ont fait des dizaines de tués et de blessés", a déclaré un porte-parole du ministère saoudien des Affaires étrangères.

Le porte-parole, cité par l'agence officielle SPA, a appelé la communauté internationale à "assumer ses responsabilités et à faire cesser les violences contre les Palestiniens", rappelant la position de Ryad en faveur des "droits du peuple palestinien".

Le porte-parole n'a pas évoqué l'ouverture de l'ambassade américaine à Jérusalem. Le transfert de cette ambassade, décidé par le président Donald Trump, avait été condamné par le sommet arabe organisé en Arabie saoudite le 17 avril.

Des heurts meurtriers ont éclaté lundi lorsque les forces israéliennes ont tiré sur des manifestants palestiniens venus protester contre l'inauguration de l'ambassade, à la frontière entre Gaza et l'Etat hébreu.

Au Qatar, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères a condamné avec force "le massacre" de Palestiniens pendant leur protestation contre la "décision unilatérale des Etats-Unis de transférer leurs ambassade à Jérusalem". Citée par l'agence officielle QNA, elle a appelé la communauté internationale à agir pour arrêter "la tuerie sauvage".

L'Afrique du Sud rappelle son ambassadeur en Israël

L'Afrique du Sud a décidé lundi de rappeler son ambassadeur en Israël après la mort de 52 personnes tuées à Gaza lors de manifestations contre le transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem, a annoncé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

"En raison du caractère grave et aveugle de la dernière attaque israélienne, le gouvernement sud-africain a décidé de rappeler l'ambassadeur Sisa Ngombane avec effet immédiat", a-t-il ajouté.

"Les victimes étaient en train de participer à des manifestations pacifiques contre l'inauguration de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem qui constitue une provocation", ajoute le texte qui condamne "l'agression violente des forces armées israéliennes".

"Cette dernière attaque a eu pour conséquence que de nombreux autres palestiniens ont été blessés et la destruction gratuite de biens".

Les violences ont eu lieu le jour du transfert de l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. Il s'agit des plus graves violences dans le cadre du conflit israélo-palestinien depuis la guerre à Gaza en 2014.

Plus de 2.400 Palestiniens ont été blessés lundi et parmi les morts se trouvent huit enfants de moins de 16 ans, selon l'ambassadeur palestinien à l'ONU.