Eric Zemmour : Ce drame est "la dernière chance" de Sarkozy et Le Pen

Virginie Roussel Publié le - Mis à jour le

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Eric Zemmour commente les grands sujets d’actualité de la société française à 7h20, sur RTL. Écrivain, journaliste et éditorialiste, il vient de publier chez Albin Michel "Le Bûcher des Vaniteux", son journal de bord de l’année 2011.

Les assassinats de Mohamed Merah impacteront-ils la campagne présidentielle ?

Ça peut oui ! En tout cas, c’est la dernière chance de Sarkozy et de Marine Le Pen de faire une vraie progression sur leurs thèmes : immigration, sécurité. Traditionnellement, la gauche était gênée sur ces thèmes-là. François Hollande avait refusé d’en parler.

Depuis, Claude Guéant est apparu modéré, humaniste…

C’est le ministre de l’Intérieur. Il doit pacifier les esprits, c’est son rôle.

Un ministre de l’Intérieur devenu islamophile ?

Je ne sais pas ce que c’est islamophile, ni islamophobe. Pour moi ça n’existe pas. Ce sont des termes inventés par la propagande iranienne pour interdire toute critique de sa révolution islamiste. Je sais d’où viennent les mots. Il y a une guerre des mots qui n’est pas, d’ailleurs, propre à l’Iran et à l’Islam. Les marxistes faisaient la même chose. Dans mes chroniques, j’essaie de déconstruire tous ces mots piégés, des mots de propagande.

Certes, mais Claude Guéant a clairement dragué l’extrême droite.

C’est un électorat qui n’est pas plus illégitime que d’autres. Quand François Hollande drague Mélenchon (NdlR : Front de Gauche), on ne hurle pas au scandale. Aujourd’hui, il y a ce que j’appelle la théorie du dérapage. On veut enfermer les débats dans des limites précises. On interdit certaines idées et donc on dit qu’on dérape. Il m’est arrivé la même chose !

Votre récente chronique sur Mohamed Merah reprend votre théorie sur les dérives communautaristes racontées dans votre roman “Petit frère”…

Vous voulez dire que j’étais prophétique ! Je n’ai pas changé d’analyse. En tous les cas, c’est une incarnation totalement caricaturale, jusqu’au-boutiste. On ne va pas avoir des générations comme ça, ni des milliers de terroristes. C’est n’importe quoi !

La gauche remet en question le travail de la police et du Raid.

Moi je trouve qu’ils ont plutôt été rapides et efficaces. Parce que trouver un criminel comme ça, en trois jours, ce n’est pas mal. Si on l’avait davantage surveillé, on aurait accusé les services français de stigmatisation, de délit de faciès.

Comment l’opposition peut-elle récupérer cet événement ?

Il y a eu ceux qui ont cru au départ que c’était un néonazi. Et ils en étaient ravis. Ils commençaient déjà à chercher des coupables. Et puis maintenant, ils vont simplement dire qu’il ne faut pas faire d’amalgame. Ils vont avoir un discours pacificateur aussi. Et c’est bien légitime. Ils vont expliquer ensuite, et Tariq Ramadan l’a déjà fait, que c’est la faute de la société française, que c’est la non-intégration. Le discours victimaire habituel.

Vous qui vous distinguez, en tant que juif, par un refus absolu de la position victimaire, que pensez-vous des discours religieux ?

Je suis assez gêné par la mise en scène des rencontres entre responsables religieux, comme si ces gens-là représentaient une population, une communauté. Je ne me sens pas représenté par un rabbin. Je suis citoyen français de confession israélite, comme on disait aux XIXe siècle. Et c’est tout. Je pense que les musulmans aussi doivent êtres agacés. Ils ne sont pas représentés par des imams. Je trouve que c’est d’abord une simagrée médiatique. Ensuite, c’est très révélateur de l’évolution communautariste de la République française qui, doit-on le rappeler, est une et indivisible dans les principes.

Vos pronostics pour cette présidentielle ?

Je n’en fais jamais surtout maintenant !

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