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Directrice depuis mai 2014 du budget de la Commission européenne, Nadia Calviño, nommée mercredi ministre de l'Économie du nouveau gouvernement de Pedro Sanchez, présente un profil technocratique visant à séduire l'Union européenne et les marchés.

Sans expérience politique, elle a fait à partir de 2006 ses armes bruxelloises aux directions générales de concurrence puis du marché intérieur de la Commission européenne, à chaque fois sous des présidents conservateurs, José Manuel Barroso puis Jean-Claude Juncker.

Qualifiée de "sociale-libérale" et "politiquement neutre" par le quotidien El Pais, elle avait auparavant travaillé à des postes techniques au ministère espagnol de l'Économie, sous les gouvernements du socialiste José Luis Rodriguez Zapatero comme du conservateur José Maria Aznar.

Avec cette native de La Corogne (nord-ouest) diplômée d'économie à l'université Complutense de Madrid, Pedro Sanchez, dont le gouvernement dispose d'un maigre soutien parlementaire, veut envoyer un signal de stabilité.

Le chef du gouvernement a d'ailleurs déjà promis de respecter les engagements budgétaires européens de l'Espagne, et de ne pas toucher au budget de l'État concocté par l'ancien gouvernement de droite de Mariano Rajoy.

Autre signe de continuité, son profil technique européen et peu politique rappelle ceux de ses prédécesseurs, l'éphémère Roman Escolano -resté trois mois en poste- et Luis de Guindos (décembre 2011-mars 2018), artisan de la cure d'austérité du gouvernement conservateur de Mariano Rajoy.

Elle avait d'ailleurs travaillé, à la fin des années 1990, pour Luis de Guindos, avant qu'il n'entre en politique.

L'arrivée au gouvernement de Nadia Calviño Santamaria a été saluée à Bruxelles comme dans les milieux économiques.

La puissante PDG de la banque Santander, Ana Botin, voit dans sa désignation "une garantie que l'Espagne continuera à augmenter son poids dans les institutions européennes".

L'ex-chef de la diplomatie européenne Javier Solana a lui salué son "énergie et sérieux", tandis que le directeur de cabinet du commissaire à l'Économie Pierre Moscovici, Olivier Bailly, l'a qualifiée de "ferme avocate du projet européen".