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Phoenix. Arizona. Des mères attendent ce moment, pour certaines, depuis plusieurs mois. Séparées de leurs enfants depuis longtemps, cet instant de bonheur aura été de courte durée, car plusieurs d'entre eux n'ont tout simplement pas reconnu leur mère. "Il ne m'a pas reconnue", témoigne Mirce Alba Lopez, en évoquant Ederson, son jeune fils de trois ans. "Ma joie s'est transformée en tristesse", explique-t-elle au New York Times.

Darly, la petite fille de Milka Pablo, n'a cessé de pleurer quand elle a revu sa mère, Milka Pablo, et a réclamé avec insistance l'assistante sociale qui s'occupait d'elle depuis la séparation avec sa mère, à la frontière entre le Mexique et les États-Unis.

Une situation complexe puisque la justice américaine ne prend pas toujours les mêmes décisions en termes de restriction et de détention des immigrés issus de l'Amérique centrale, ce qui perturbe les autorités fédérales. Celles-ci sont tiraillées entre respecter le décret de Donald Trump, à savoir interdire toute séparation parents-enfants, ou relâcher les enfants après 20 jours de détention.

Un programme de détention alternatif

Afin d'éviter cette difficulté et cet imbroglio juridique, le directeur adjoint du service d'immigration et de contrôle des douanes américain, Matthew Albence, explique que "les parents accompagnés d'un enfant âgé de moins de cinq ans seront réunis avec ce dernier, relâchés puis inscrit dans un programme de détention alternatif."

Il s'agit concrètement d'équiper les personnes concernées de bracelets électroniques et ensuite les relâcher dans la société. Le recours aux bracelets permettra, selon M. Albence, de s'assurer que ces familles se présentent bien lors du jugement rendu par le tribunal. Ce système concerne actuellement près de 80.000 personnes aux États-Unis.

Mais cette pratique pourrait ne pas durer. Dana Sabraw, juge à la cour fédérale de San Diego en Californie, explique qu'il va examiner une motion dont l'objectif est de laisser les personnes choisir entre rester détenues pour une longue durée dans les centres prévus à cet effet ou laisser leurs enfants aux services sociaux américains pendant toute la durée de la procédure de jugement.

Cette marque de flexibilité vient, en tout cas, mettre de la nuance dans la politique de tolérance zéro de Donald Trump. Depuis mai, l'administration du président américain a décidé d'engager des poursuites pénales contre les étrangers entrés irrégulièrement sur son territoire. Une procédure que maintient le ministère de la Justice.

La complexité juridique et les rebondissements de la politique migratoire de Donald Trump auront en tout cas de lourdes conséquences pour certaines familles, séparées dès leur arrivée sur le sol américain.