International En révoquant le statut spécial des jeunes clandestins, il a rouvert un débat risqué pour lui.

Déjà gêné en politique étrangère par l’insoluble dossier nord-coréen, Donald Trump s’est mis un autre boulet au pied, en politique intérieure cette fois, en révoquant mardi le programme DACA (Deferred Action for Childhood Arrivals) qui, à l’initiative de Barack Obama, protégeait depuis juin 2012 quelque 800 000 jeunes clandestins. En renvoyant au Congrès le soin de statuer sur leur sort, le président américain a, en effet, choisi de rouvrir un débat sur l’immigration qui n’a cessé de déchirer les Républicains. Et à quatorze mois des législatives de la mi-mandat, ce n’est peut-être pas son idée la mieux inspirée.

Le programme DACA offrait des conditions de vie normales, en les mettant à l’abri d’une expulsion, aux sans-papiers remplissant un certain nombre de conditions : être arrivé aux Etats-Unis avant son 16e anniversaire, y avoir continuellement séjourné depuis le 15 juin 2007, avoir moins de 31 ans à la date du 15 juin 2012, être inscrit dans une école ou avoir obtenu un diplôme ou servi dans l’armée américaine, ne pas avoir commis d’infractions graves, etc.

Donner une chance aux "rêveurs"

A l’origine du projet, la volonté de ne pas punir injustement les enfants ayant immigré aux Etats-Unis sans l’avoir nécessairement souhaité, en les renvoyant dans un pays d’origine qu’ils n’ont souvent pas connu. L’objectif était aussi de faciliter l’intégration et la formation d’une génération appelée à contribuer significativement à la prospérité nationale, de donner une chance à celles et ceux qu’on a surnommés les "Dreamers", désireux de concrétiser le "rêve américain".