International

Le parquet de Bruxelles a confirmé, vendredi, nos informations au sujet d'un dossier de blanchiment d'argent instruit par le juge d'instruction Michel Claise.Jean-Charles Okoto, ancien ministre congolais des Affaires étrangères, ancien président de la «Miba» (exploitation du diamant) et dirigeant du PPRD, la formation du président congolais Joseph Kabila, est soupçonné d'avoir blanchi 80 millions de dollars via la banque Belgolaise, filiale de Fortis. Une partie de l'argent détourné au préjudice de la Miba aurait servi à acheter des armes en Tchéquie et en Ukraine.

Un mandat d'arrêt international a été lancé à l'encontre de M. Okoto. Le président de la Belgolaise, Marc-Yves Blanpain, et trois employés ont également été inculpés jeudi. La banque a indiqué vendredi qu'elle «conteste tous les reproches qui lui sont faits» et «coopère à la recherche de la vérité depuis le début de l'enquête».

Black Demolition

Mercredi, deux hommes soupçonnés d'avoir enlevé, séquestré et molesté, le 2 avril 2004, un cadre de la Miba à Bruxelles, étaient interpellés. Ils ont indiqué avoir agi sur ordre d'Okoto. Il s'agit de deux membres des «Black Demolition», une bande bruxelloise ultra-violente réunissant des jeunes originaires d'Afrique noire. L'un d'eux, Kevin, a été vu en compagnie de M.Okoto voici peu.

Il semble que M.Okoto se soit fait une spécialité des enlèvements puisque «Le Soir» de vendredi indiquait que le vicomte Davignon, qui a confirmé la chose depuis l'Italie où il assistait vendredi à une conférence, a failli faire l'objet, voici près de trois ans, d'un rapt préparé par la bande inquiétée aujourd'hui par la justice belge.

L'administrateur du groupe Suez fut naguère président du conseil d'administration de la Société générale de Belgique, qui comptait une participation dans la Miba. M.Okoto, démis de ses fonctions, a peut-être attribué sa disgrâce à M.Davignon. D'où, selon le parquet de Bruxelles, une tentative d'empoisonnement et d'enlèvement.

A l'époque, le vicomte avait été alerté par la Sûreté de l'Etat mais les choses n'étaient pas allées plus loin. Simplement, lorsqu'il se déplace au Congo, Stevie Davignon prend-il «un peu plus de précautions que d'habitude».

© La Libre Belgique 2004