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Cette semaine , "La Libre" se penche sur la façon dont l’athéisme est vécu aux quatre coins de la planète, là où il est passible de la peine de mort, là où il est ostracisé, là où il est légal mais toujours mal vu. Focus ce vendredi sur le Brésil, où être athée demeure un obstacle majeur en politique.

Lorsqu’il a publiquement affiché son athéisme, Edmar Luz savait qu’il perdrait des votes. Candidat à un poste de conseiller municipal à São Paulo en 2016, ce spécialiste en marketing digital n’aurait par contre pas imaginé qu’il recevrait autant d’insultes dans les rues de la mégalopole où il tractait. "Les passants revenaient sur leurs pas pour me traiter de sataniste. D’autres étaient moins violents, mais ils me posaient beaucoup de questions et ne comprenaient pas que je puisse ne croire en aucun Dieu", se souvient-il.

Au Brésil, être athée et l’assumer revient à s’exposer aux préjugés. "Je connais des personnes qui ont vécu une discrimination à l’embauche lorsqu’elles ont indiqué qu’elles ne croyaient pas en Dieu. Les athées sont mal acceptés par la société brésilienne, ils sont vus comme des personnes sans aucune morale. En politique, pour avoir une chance d’être élu, il vaut mieux se présenter comme pratiquant", poursuit Edmar Luz.

Comme il s’y attendait, il n’a pas remporté le scrutin. "Je voulais surtout que ma candidature incite d’autres athées à se lancer en politique en s’assumant comme tels", conclut-il.