International " La désertion n’est pas un choix, c’est une question de survie !" Cet ancien gestionnaire des ‘fonds de la révolution’ dénonce la corruption et la terreur du régime sanguinaire de Pyongyang. Exilé à Séoul, le déserteur nord-coréen Kim Kwang-Jin est l’Invité du samedi de LaLibre.be.

Kim Kwang-Jin est actuellement chercheur à l’Institut pour les stratégies de sécurité nationale en Corée du Sud (INSS). LaLibre.be l’a rencontré au Sommet de Genève sur les droits de l’homme où il était invité à témoigner et interpeller la communauté internationale sur les dérives de la Corée du Nord. LaLibre.be tient à préciser qu'il est impossible de vérifier de façon indépendante la véracité de tous les propos tenus lors de cet entretien.


Extrait de l'entretien:

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Quel est votre message à la communauté internationale ?

En tant qu’ancien gestionnaire de fonds du dictateur Kim Jong-Il et de ses proches, j’étais considéré comme un banquier dans le reste du monde. Je travaillais pour des sociétés mystérieuses et méconnues qui – en réalité – soutenaient financièrement le régime communiste. Ces montants en cash étaient récoltés et réalloué par le régime. Aujourd’hui encore, le dirigeant peut ainsi soutenir budgétairement ses propres priorités.

Quelles sont ces priorités ?

Ces sommes permettent de soutenir et conforter la vie opulente de Kim Jong-Un et le luxe dans lequel se drape sa famille. L’autre priorité est certainement le développement d’armes militaires et nucléaires, ainsi que des assassinats d’opposants. Dans la lutte pour les droits de l’homme, il faut impérativement dénoncer le fait que ces revenus levés sur les marchés internationaux soutiennent la dictature. Il faut que cet afflux de cash cesse !

Comment Pyongyang parvient-il à lever des fonds malgré son isolement et les sanctions internationales ?

Les escroqueries dans le domaine de la réassurance sont l’un des business les plus lucratifs de Corée du Nord. Cela permet d’attirer en Corée du Nord nombre de capitaux étrangers et de gonfler la part de la trésorerie étrangère. Concrètement, l’entreprise gouvernementale Korea National Insurance Corporation (KNIC) impose des assurances-vie avec prélèvement obligatoire sur salaire. Mais lorsqu’un travailleur décède, les héritiers ne voient presque jamais la couleur des primes. Pourtant, sur les marchés internationaux, les groupes de réassurances versent les primes d’assurances à KNIC.

C’est une fraude organisée par l’Etat lui-même ?

Oui, car les primes obtenues ne sont jamais reversées aux victimes ou héritiers. Cette escroquerie est reproduite à tous les échelons de l’économie du régime, des entreprises aux fermes en passant par les ouvriers. Inutile de préciser qu’il n’y a presque jamais de poursuites pour fraudes, et quand il y en a, le système judiciaire nord-coréen annonce logiquement un verdict préétabli.

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