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La Russie a signifié mercredi l'expulsion d'un diplomate belge en poste à Moscou, en représailles à une mesure semblable décidée par le gouvernement belge, ont indiqué les Affaires étrangères, confirmant une information du journal 'Le Soir' et de l'hebdomadaire 'Knack'.

Cette expulsion a été signifiée par le ministère russe des Affaires étrangères au chef de mission adjoint à Moscou, en l'absence de l'ambassadeur, Jean-Arthur Régibeau, a indiqué un porte-parole du département à l'agence Belga, sans préciser l'identité du diplomate concerné et les modalités de son expulsion.

Selon 'Le Soir', M. Régibeau est actuellement en déplacement à Kazan (république du Tatarstan), pour visiter les stades destinés à accueillir la Coupe du monde de football qui se déroulera en Russie du 14 juin au 15 juillet.

Une demi-douzaine de diplomates sont en poste auprès de l'ambassade de Belgique à Moscou sans compter le personnel affecté à des tâches consulaires, les représentants des entités fédérées, un officier de liaison de la police fédérale et un autre pour la douane.

Le ministère de la Défense n'a pour sa part actuellement plus d'attaché militaire en poste à Moscou - un officier habituellement porteur du grade de général -, selon un de ses responsables.

Le Premier ministre Charles Michel avait annoncé le 27 mars dernier le renvoi d'un membre du personnel diplomatique de la mission russe accréditée auprès du Royaume de Belgique en "solidarité à l'égard de la Grande-Bretagne" dans le sillage de l'empoisonnement en Angleterre de l'ex-espion russe Sergueï Skripal.

Cette décision a été signifiée dans les 48 heures à l'ambassadeur de Russie en Belgique, Alexandre Tokovinine. La personne concernée dispose de 14 jours pour quitter le territoire belge.

Sergueï Skripal, un ex-colonel du service de renseignement de l'armée russe (GRU) avait été empoisonné, tout comme sa fille Ioulia, à l'aide d'un agent innervant le 4 mars à Salisbury, ce qui a conduit le gouvernement britannique à accuser la Russie.

Moscou rejette ces accusations, qui ont entraîné la plus grave crise diplomatique Est-Ouest depuis la Guerre froide et conduit à l'expulsion de quelque 150 diplomates par le Royaume-Uni et ses alliés, notamment de l'Union européenne et de l'Otan, ainsi que des mesures de rétorsion proportionelles de la part de la Russie.

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg a pour sa part annoncé que l'Alliance atlantique, dont le siège est à Bruxelles, allait retirer l'accréditation de sept diplomates russes et rejeter trois nouvelles demandes d'accréditation.

La Russie sera toutefois en peine d'appliquer dans ce cas une mesure de réciprocité car l'Otan ne dispose plus de diplomate à Moscou, selon un de ses porte-parole.