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La Russie "est responsable" de l'empoisonnement d'un ex-espion au Royaume-Uni, a affirmé mercredi l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, lors d'une réunion du Conseil de sécurité convoquée en urgence par Londres. 

"Nous pensons que la Russie est responsable", a dit Nikki Haley, en affirmant qu'il ne s'agissait "pas d'un incident isolé". "Les Etats-Unis sont absolument solidaires du Royaume-Uni", a ajouté la diplomate, première voix américaine à accuser aussi clairement Moscou dans cette affaire.

Son homologue français, François Delattre, sans dénoncer directement une responsabilité russe dans l'attaque dont ont été victimes le 4 mars à Salisbury (sud-ouest) Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Ioulia, 33 ans, a aussi affirmé le "plein soutien" et la "totale solidarité de la France" au Royaume-Uni.

Un policier a aussi été victime de l'empoisonnement commis au moyen d'un agent neurotoxique.

Plusieurs pays, France, Koweït, Guinée équatoriale, ont profité de la réunion publique du Conseil de sécurité pour réclamer de nouvelles avancées contre le recours aux armes chimiques dans le monde.

Retrouvés inconscients sur un banc, Sergueï Skripal et Ioulia sont hospitalisés dans un état "critique".


Le Royaume-Uni prend des sanctions

La Première ministre britannique Theresa May a annoncé mercredi une série de sanctions contre la Russie, dont l'expulsion de 23 diplomates et le gel des contacts bilatéraux, jugeant Moscou "coupable" de l'empoisonnement d'un ex-espion russe sur son sol.

La Première ministre britannique Theresa May a aussi accusé mercredi la Russie d'être "coupable" de l'empoisonnement de l'ex-espion russe Sergueï Skripal sur le sol britannique et annoncé en représailles la suspension des contacts bilatéraux de haut niveau et l'expulsion de 23 diplomates russes.

"Il n'y a pas d'autre conclusion que celle selon laquelle l'État russe est coupable de la tentative de meurtre" ayant visé Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Ioulia, 33 ans, a déclaré la dirigeante devant le parlement britannique.

"Cela constitue un usage illégal de la force par l'État russe contre le Royaume-Uni", a ajouté Theresa May, qui s'exprimait après l'expiration, mardi à minuit, d'un ultimatum qu'elle avait fixé à la Russie pour fournir des explications sur l'empoisonnement, survenu le 4 mars à Salisbury (sud-ouest de l'Angleterre).

"Il était juste d'offrir à la Russie l'opportunité de fournir une explication mais sa réaction trahit un mépris total pour la gravité de ces événements", a-t-elle dit, insistant: "Ils n'ont fourni aucune explication crédible".

"Au lieu de cela, ils ont traité l'utilisation d'un agent neurotoxique militaire en Europe avec sarcasme, mépris et défiance", a ajouté la Première ministre.

En représailles, Theresa May a annoncé une série de sanctions à l'encontre de la Russie, à commencer par l'expulsion de 23 diplomates russes, dont le Royaume-Uni considère, a-t-elle ajouté, qu'ils sont en fait "des agents du renseignement non déclarés".

"Ils ont une semaine pour partir", a précisé Mme May.

La Russie disposait jusqu'ici de 59 diplomates accrédités au Royaume-Uni.

Soulignant la gravité de l'affaire, elle a rappelé qu'après la mort de l'ancien agent secret russe, empoisonné au polonium-210, en 2006, quatre diplomates russes avaient été expulsés.

La Première ministre britannique a également estimé qu'à la suite de "cet acte épouvantable" contre le Royaume-Uni, la relation entre les deux pays ne pouvait "pas être la même" qu'auparavant.

"Nous allons donc suspendre tous les contacts bilatéraux de haut niveau prévus entre le Royaume-Uni et la Russie", a-t-elle dit, précisant que cela incluait "la révocation de l'invitation faite au ministre des Affaires étrangères (Sergueï Lavrov) de visiter" le Royaume-Uni.

Mais aussi, a-t-elle poursuivi, "la confirmation qu'il n'y aura pas de participation des ministres - ou des membres de la famille royale - à la Coupe du monde de football cet été en Russie".

Evoquant Vladimir Poutine, Theresa May a dit regretter "la voie" suivie par le président russe en matière diplomatique.

"Beaucoup d'entre nous ont tourné leurs regards avec espoir vers la Russie post-soviétique. Nous voulions une meilleure relation et il est tragique que le président Poutine ait choisi de suivre cette voie", a-t-elle dit.

Retrouvés inconscients le 4 mars sur un banc à Salisbury, Sergueï Skripal et sa fille ont été hospitalisés dans un état "critique", après avoir été victimes d'une tentative de meurtre, selon les autorités britanniques. Un policier, intervenu sur place, se trouve lui dans un état grave.

Londres appelle à la vigilance les Britanniques qui voudraient se rendre en Russie

Le ministère britannique des Affaires étrangères a mis en garde les Britanniques souhaitant se rendre en Russie des risques de réactions hostiles, après la montée des tensions entre les deux pays.

"En raison des tensions politiques accrues entre le Royaume-Uni et la Russie, vous devez être conscients de la possibilité de sentiments anti-britanniques et de harcèlement en ce moment. Il vous est conseillé de rester vigilant, d'éviter toute manifestation et d'éviter de commenter publiquement les derniers développements politiques", écrit le ministère qui a changé mercredi après-midi ses conseils aux voyageurs sur son site internet.

© AFP