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La ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie a présenté dimanche sa démission au président de la République, Nicolas Sarkozy, "bien qu'ayant le sentiment de n'avoir commis aucun manquement".

Sa lettre de démission, dans laquelle elle dénonce une "cabale" et une "manipulation" à son encontre, a été rendue publique dans l'après-midi par son cabinet alors que la patronne de la diplomatie française venait d'être reçue à Matignon par le Premier ministre François Fillon. Elle paye ainsi l'affaire de ses vacances tunisiennes et les errements de la diplomatie française face aux révoltes arabes.

Cette démission était attendue, alors que le président Nicolas Sarkozy doit s'exprimer sur la "situation internationale" à la radio et la télévision. "Depuis quelques semaines, je suis la cible d'attaques politiques puis médiatiques véhiculant, pour créer la suspicion, contre-vérités et amalgames", écrit Michèle Alliot-Marie.

"J'y ai répondu point par point afin de rétablir la vérité". "Depuis quinze jours, c'est ma famille qui subit de la part de certains médias un véritable harcèlement dans sa vie privée, pour tenter d'y chercher de quoi m'affaiblir à défaut de l'avoir trouvé chez moi".

Pourtant, assure-t-elle, "cette campagne n'entrave en rien mes relations avec mes partenaires internationaux ni ma capacité à remplir la mission que vous m'avez confiée". "Je ne puis néanmoins accepter que certains utilisent cette cabale pour essayer de faire croire à un affaiblissement de la politique internationale de la France", déclare-t-elle.

"J'ai une trop haute idée de la politique au service de la France pour accepter d'être utilisée comme prétexte à une telle opération", poursuit-elle. "J'ai une trop grande loyauté et amitié à votre égard pour accepter que votre action internationale puisse, en quoi que ce soit, en souffrir". "Bien qu'ayant le sentiment de n'avoir commis aucun manquement, j'ai donc décidé de quitter mes fonctions de ministre des Affaires étrangères et européennes", conclut-elle.

Juppé au Quai d'Orsay, Guéant à l'Intérieur et Longuet à la Défense

Nicolas Sarkozy a annoncé dimanche les nominations d'Alain Juppé comme ministre des Affaires étrangères, de Claude Guéant comme ministre de l'Intérieur et de l'Immigration et de Gérard Longuet comme ministre de la Défense, dans une allocution radiotélévisée.

Le numéro deux du gouvernement, ministre de la Défense depuis novembre, remplace au Quai d'Orsay Michèle Alliot-Marie, qui a dû démissionner après plusieurs semaines de polémique à propos de ses vacances de Noël en Tunisie.

En revanche, le compagnon de MAM, Patrick Ollier, reste ministre des Relations avec le Parlement.

Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée depuis 2007, accède à la place Beauvau, un poste dont ce préfet rêvait depuis des années. Il remplace Brice Hortefeux, qui quitte le gouvernement.

Quant à Gérard Longuet, président du groupe UMP au Sénat depuis juin 2009, il succède à Alain Juppé au ministère de la Défense.

Dans son intervention solennelle, le chef de l'Etat, qui n'a pas cité les deux partants du gouvernement, a expliqué avoir décidé, "avec le Premier ministre François Fillon", de "réorganiser les ministères qui concernent notre diplomatie et notre sécurité".

"Alain Juppé, ancien Premier ministre, homme d'expérience qui a déjà exercé ces fonctions avec une réussite unanimement reconnue sera ministre des Affaires étrangères. Pour le remplacer au ministère de la Défense, j'ai choisi Gérard Longuet, lui aussi homme d'expérience", a déclaré M. Sarkozy.

"J'ai souhaité dans le même temps confier la responsabilité de ministre de l'Intérieur et de l'Immigration à Claude Guéant, qui m'a accompagné depuis neuf ans dans toutes les responsabilités que j'ai exercées, en particulier au ministère de l'Intérieur, dont il connaît tous les rouages et dont il a occupé tous les postes de responsabilité", a-t-il souligné.

"Ainsi les fonctions régaliennes de l'Etat se trouveront-elles préparées à affronter les événements à venir" dans le monde arabe, "dont nul ne peut prévoir le déroulement", a ajouté le président de la République.

Sarkozy met en garde contre les flux migratoies "incontrôlables"

Le président Nicolas Sarkozy a mis en garde dimanche soir contre "les flux migratoires", conséquences des "tragédies" dans les pays en révolte contre les régimes en place, qui pourraient être "incontrôlables".