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Les dirigeants de l'UE ont donné jeudi leur feu vert à la prolongation, pour six mois, des lourdes sanctions économiques décrétées contre la Russie pour son implication dans le conflit ukrainien, a annoncé le président du Conseil européen Donald Tusk.

"L'UE est unie sur la reconduction des sanctions économiques contre la Russie", a écrit M. Tusk sur Twitter.

"Trois ans et demi de sanctions économiques contre la Russie. Et cela va continuer en raison d'une mise en oeuvre insuffisante des accords de Minsk", a ajouté son porte-parole Preben Aamann, sur le même réseau social, en rappelant que les Européens avaient conditionné la levée des sanctions à des progrès sur le cessez-le-feu prévu dans ces accords conclus en 2015.

"Il n'y a pas suffisamment de progrès pour mettre fin aux sanctions", a également constaté la chancelière allemande Angela Merkel, qui avait parrainé les pourparlers de Minsk avec son homologue français François Hollande.

La décision, prise au cours d'un sommet européen à Bruxelles, devra encore être officiellement adoptée par les 28 pays de l'Union européenne, probablement dès la semaine prochaine, selon deux sources européennes.

Elle pourrait paraître au Journal officiel dès vendredi, a précisé l'une d'entre elles à l'AFP.

"Comme toujours, nous le regrettons. Nous pensons que de telles décisions ne correspondent pas aux intérêts des pays de l'UE, ni aux intérêts de la Fédération de Russie. La Russie considère toujours ces sanctions comme illégales et erronées", a réagi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

"Bien sûr, nous restons disposés à reconstruire nos relations avec Bruxelles, qui laissent aujourd'hui à désirer", a-t-il poursuivi devant les journalistes.

Ces sanctions touchent des banques, des entreprises de défense et des compagnies pétrolières russes, et interdisent aux Européens les investissements financiers en Russie.

Ces sanctions avaient été décidées à l'été 2014, au plus fort de la crise ukrainienne, quelques mois après l'annexion de la Crimée par la Russie, suivie par l'offensive de rebelles prorusses dans l'est de l'Ukraine.

Moscou avait répliqué en décrétant un embargo sur les produits agricoles européens.

Le conflit, qui a connu récemment un regain, a fait plus de 10.000 morts malgré l'accord trouvé à Minsk en 2015 censé instaurer une trêve.

Kiev et les Occidentaux accusent la Russie de soutenir les rebelles séparatistes, notamment en leur fournissant des armes, ce que Moscou dément catégoriquement.

Les sanctions ont jusqu'ici toujours été reconduites pour des périodes de six mois et c'est à nouveau le cas cette fois-ci. Elles arrivaient à échéance fin janvier 2018.