International

L’Alliance du Nord au pouvoir à Kaboul a rétabli vendredi les libertés religieuses en Afghanistan, en annonçant que les «jours sombres » de l’ère talibane et son cortège d’interdictions appartenaient au passé.

Le ministre des Affaires religieuses Ataullha a choisi de façon symbolique un temple hindou vieux de 532 ans, vendredi, jour sacré chez les musulmans, pour faire cette déclaration.

«Les jours sombres appartiennent au passé. Nous sommes prêts à accorder tous leurs droits à toutes les religions », a-t-il lancé, en accusant les talibans et le Pakistan qui soutenait la milice islamiste de toutes les intolérances.

Les hindous et les sikhs, qui représentent environ 500 familles dans tout l’Afghanistan, ont été obligés sous les talibans de porter un signe distinctif pour les différencier des musulmans.

Les hommes devaient porter un turban jaune, étaient interdits d’exposer leur appartenance à leur religion ailleurs que dans leurs temples officiels et les commerçants hindous devaient fermer leur magasin durant la prière musulmane.

Toute atteinte aux règles édictées par les talibans était immédiatement punie de châtiments corporels.

«Vous avez beaucoup souffert sous les talibans, mais il s’agissait de gens mauvais, ils n’étaient pas de bons musulmans », a déclaré M. Ataullha.

«Vous n’êtes plus obligés de porter du jaune. L’ancien temps est revenu, nous voulons avoir des contacts avec vous. Nous sommes prêts à vous aider », a-t-il ajouté.

Et de conclure: «Ainsi que vous aviez des droits auparavant, vous pouvez maintenant pratiquer comme vous l’entendez votre religion. Vous êtes libres ».

Son discours, à destination d’environ une centaine de personnes rassemblées dans le temple, a été fréquemment interrompu par les Hindous reprenant en choeur le nom de leurs leaders religieux.

Parmi l’assistance figuraient de nombreuses femmes qui étaient sorties pour la première fois depuis cinq ans revêtues de leur sari traditionnel.

Rawinder Singh, un hindou d’âge respectable habitant Kaboul, a expliqué que sa communauté religieuse n’était pas la bienvenue sous les talibans, même si elle était tolérée.

«Les talibans n’aimaient pas les autres religions, ils exerçaient des pressions à notre encontre. Les femmes hindoues ou sikhes n’avaient pas le droit d’aller dans certains marchés », a-t-il déploré.

La plupart des femmes présentes dans le temple ont reconnu qu’elles avaient peur de sortir sous les talibans, même si les miliciens islamistes ne le leur avaient pas expressément prohibé.

«Ils nous auraient battues, alors nous restions à la maison », a déclaré l’une d’elles. Celles qui malgré tout se risquaient à l’extérieur, vêtue d’une burqah, la robe recouvrant entièrement le corps des femmes imposée par les talibans, se voyaient interdire d’acheter des tissus aux couleurs vives prisés pour confectionner des saris.

Les boutiques hindoues n’avaient pas non plus le droit de vendre des costumes à la coupe occidentale, même si un tailleur, G.S. Sedhi, a indiqué qu’il en proposait «sous le comptoir ».