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L'ancien président finlandais Mauno Koivisto, qui a ancré son pays à l'ouest en le faisant entrer dans l'Union européenne après la chute de son puissant voisin soviétique, est décédé vendredi à l'âge de 93 ans, a annoncé la présidence du pays nordique. Né le 25 novembre 1923 à Turku (sud-ouest de la Finlande), "le président Mauno Koivisto est décédé le 12 mai 2017 à 21H15 (20h15 en Belgique)" dans un hôpital de la capitale Helsinki, selon un communiqué de la présidence.

Président de la Finlande pendant 12 ans de 1982 à 1994, il a notamment occupé les fonctions de Premier ministre et de gouverneur de la Banque centrale. Ce social-démocrate, qui souffrait depuis plusieurs années de la maladie d'Alzheimer, a été deux fois chef du gouvernement entre la fin des années 1960 et jusqu'à son accession à la présidence en 1981. Il succéda alors à Urho Kekkonen, qui l'avait occupée pendant un quart de siècle.

La carrière politique de M. Koivisto a été marquée par la délicate diplomatie à entretenir avec un voisin imprévisible, l'Union soviétique, qu'il avait combattue comme volontaire durant la Seconde Guerre mondiale.

Cet homme apprécié pour sa modestie et sa sobriété fut élu deux fois président, en 1982 et 1988. "Il faut faire suffisamment profil bas pour que l'ennemi ne puisse vous frapper", disait-il pour parler de sa stratégie. Il fut l'un des partisans de la "finlandisation", une politique de non-alignement militaire qui consistait à chercher une relation amicale avec l'URSS, tout en restant à l'ouest du "rideau de fer". Quand le régime soviétique s'effondra en 1991, la menace d'une guerre civile en Russie l'amena, avec d'autres dirigeants finlandais, à renoncer à la neutralité du pays.

M. Koivisto usa de ses prérogatives en politique extérieure pour décider seul en février 1992 le lancement du processus d'adhésion à l'UE. Et en 1995, le pays rejoignait l'Europe des 15.

Avant de se lancer en politique, il avait été docker dans le port de Turku, où il observait les relations de travail pour une thèse en sociologie. Père d'une fille, il appréciait le ski de fond et le volley-ball, auquel il jouait encore comme octogénaire.