International

Après la chute de Kadhafi, en 2011, la question de la gestion des fonds placés à l'étranger s'est posée. Le Vif nous apprenait ce jeudi que plus de dix milliards d'euros issus de ces fonds et gelés en 2011 à la suite d'une décision des Nations Unies ont disparu de comptes ouverts chez Euroclear Bank entre la fin 2013 et fin 2017.

Le parquet nuance

Le parquet réagit ce vendredi et déclare: "A la question de savoir le montant des fonds libyens saisis sur le compte d’Euroclear, le parquet de Bruxelles a confirmé la saisie d’un montant de 5 milliards d’euros mais ne s’est jamais prononcé sur l’existence d’une somme d’argent plus importante ou sur la disparition éventuelle des sommes évoquées par l’hebdomadaire le Vif l’express".

Le parquet ajoute qu'une procédure est pendante devant la Chambre des mises en accusations de Bruxelles concernant la possibilité de saisir les comptes d'Euroclear ou non. L'affaire est donc en cours et aucun jugement n'est encore pris.

Reynders dénonce une "fake news"

Didier Reynders a regretté que certains parlementaires de l'opposition fassent une "affaire d'Etat" sur les fonds libyens sans avoir vérifié les faits. "Tout s'est éclairci en moins de 24 heures", a estimé le vice-premier ministre MR après que l'administration de la Trésorerie a confirmé le gel de 14 milliards d'avoirs chez Euroclear. Peu avant, le ministre des Finances Johan Van Overtveldt avait indiqué que ces montants étaient toujours gelés.

"Ce qui est révélateur, c'est que certains parlementaires prennent pour argent comptant une information qui est fausse et en font une affaire d'Etat", a ajouté le ministre des Affaires étrangères.

Plusieurs députés ont alors repris à leur compte l'information selon laquelle 10 milliards d'euros ont disparu des comptes libyens gelés. Regrettant un renvoi de responsabilités, le député Stéphane Crusnière (PS) a évoqué une "affaire de gouvernement". Avec d'autres, il a également regretté qu'il soit porté atteinte à l'image internationale de la Belgique qui postule pour un poste de membre non permanent au conseil de sécurité de l'ONU.

"Il y a bien sûr la liberté de la presse mais quand une information est fausse, j'attends qu'on la corrige. J'attends aussi de ceux qui en ont fait une affaire d'Etat qu'ils se rendent compte que tout cela ne correspond à rien", a-t-il conclu.

Le Vif réagit

"Le Vif/L'Express se réjouit que le ministre des Affaires étrangères ait enfin daigné répondre sur ce dossier. Mais il aurait préféré que ce soit dans ses colonnes, ce jeudi. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir sollicité les services de Didier Reynders, mais ils nous ont systématiquement renvoyé auprès de leurs collègues des Finances", affirme le magazine, en réponse à Reynders. 

"Or, le SPF Finances, que nous avons interrogé vendredi 2 mars sur les 10 milliards "évaporés" n'a jamais démenti ce fait. Il nous a simplement répondu que la Trésorerie n'avait autorisé aucun dégel, sans autre précision". "Qui donc, dès lors, communique de fausses informations ? Et à qui ? 

Le parquet, au Vif/L'Express ? La banque Euroclear, au parquet (et donc au juge d'instruction) ? Les Finances, à Didier Reynders ? Didier Reynders, à Belga ? ", s'interroge Le Vif. 

"Nous rejetons catégoriquement le terme de "fake news" attribué par le vice-Premier ministre à nos révélations", conclut l'hebdomadaire.