International Le patron d'Audi en prison, Angela Merkel en difficulté avec sa coalition, la Mannschaft éliminée du Mondial: rien ne va plus chez les Teutons.

La semaine qui vient de s'écouler a été particulièrement mal vécue en Allemagne. L'élimination au premier tour de la Coupe du monde, une première depuis 1938, a provoqué un traumatisme profond chez nos voisins. Cette humiliation n'est pas sans rappeler les autres difficultés que vivent les Allemands pour le moment. Le slogan d'Angela Merkel "Wir schaffen das" (nous y arriverons) semble plus approprié que jamais.

Angela Merkel fragilisée comme jamais auparavant

Jamais Angela Merkel n'avait connu un début de mandat aussi chahuté depuis sa prise de pouvoir il y a 13 ans. Ses alliés bavarois (la CSU), sous l'impulsion du ministre de l'intérieur Horst Seehofer, est en totale opposition avec la politique sur l'immigration prônée par la chancelière. Seehofer a menacé purement et simplement de renvoyer à la frontière tous les migrants ayant été enregistrés dans un autre pays de l’Union européenne. C'est avec cet ultimatum qu'Angela Merkel s'est rendue à Bruxelles à l'occasion du sommet européen sur la question des immigrés. Au terme d'une longue nuit de négociations, les chefs d'Etat et de gouvernements de l'Union européenne sont parvenus à un accord.

"Nous devons constater avec satisfaction que (cet accord) représente un pas dans la bonne direction vers une stratégie européenne d'asile," a déclaré le député CSU Hans Michelbach à la télévision publique allemande. Les dirigeants de la CDU et de la CSU se rencontreront ce dimanche afin de discuter en profondeur sur les tenants et les aboutissants de cet accord concernant la gestion des migrations.

Le patron d'Audi en prison

L'industrie automobile allemande, l'une des plus puissante du monde, est-elle au cœur d'un nouveau scandale ? Rupert Stadler, le patron d'Audi, est en détention depuis dix jours. Il est soupçonné d’être impliqué personnellement dans la manipulation à grande échelle des moteurs diesel d’Audi. Un "CEO" en exercice qui se retrouve placé en détention, c'est une première en Allemagne.

Le parquet de Munich soupçonne Stadler "d'avoir voulu influencer des témoins ou d'autres suspects." Pour rappel, le "Dieselgate" avait débuté en septembre 2015 lorsque l'agence américaine de l'environnement (EPA) avait accusé Volkswagen d'avoir équipé 11 millions de ses voitures diesel d'un logiciel capable de fausser le résultat des tests antipollution.Il permettait en outre de dissimuler des émissions dépassant parfois jusqu'à 40 fois les normes autorisée. Audi avait été rattrapé par ce scandale au début du mois de juin et avait dû rappeler environ 60.000 A6 et A.

L'Allemagne humiliée à la Coupe du monde

S'il y a bien un domaine ou personne n'aurait misé sur une faillite allemande, c'est bien le football. Depuis son retour en Coupe du monde en 1954, jamais l'Allemagne n'avait été éliminée au premier tour de la compétition. Le poids de l'histoire n'a pourtant rien pu faire pour les Teutons. Battue par la Corée du Sud, la Mannschaft a subi la malédiction du champion en titre. Tout comme la France en 2002, l'Espagne en 2014, l'Italie en 2010, les champions du monde sortants ont donc mordu la poussière et sont rentrés chez eux plus vite que prévu. 

"Pas de mot", la Une du Bild était exactement la même qu'après le terrible victoire des Allemands contre les Brésiliens (7-1) en 2014 lors de la Coupe du monde. Elle reflète le séisme qu'il s'est produit en Allemagne. Des cadres absents, des querelles internes pointées du doigt par Hummels ou encore des scandales extra-sportifs pour Gündogan et Özil, (coupables il y a quelques semaines d'avoir été pris en photo avec Erdogan) ont totalement miné une équipe en fin de cycle. Que les Allemands sa rassurent, en football tout du moins, les grandes équipes ne meurent jamais.