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Des heurts ont éclaté dimanche entre 300 manifestants et les forces de l'ordre dans la zone de Notre-Dame-des-Landes, dans l'ouest de la France, peu avant le début d'un rassemblement pacifique en soutien aux occupants expulsés de terrains initialement destinés à la construction d'un aéroport. Près de trois mois après l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, le gouvernement français a déclenché lundi une opération mobilisant 2.500 gendarmes, ainsi que des huissiers et engins de chantier, pour expulser des militants qui occupent depuis plusieurs années la "zone d'aménagement différé" (ZAD), qu'ils ont rebaptisée "zone à défendre".

En trois jours, 29 squats ont été détruits.

Depuis jeudi, les opérations de déblaiement et de maintien de l'ordre se poursuivent mais sont mises à mal par la présence d'environ 700 opposants sur le site, dont des "gens extrêmement violents, de l'ultragauche" et des "black blocs", a affirmé le général Richard Lizurey, directeur général de la gendarmerie française.

De son côté, l'équipe médicale des "zadistes", a rapporté que "depuis le début de la semaine, au moins 148 personnes ont été prises en charge", victimes d'éclats de grenades ou souffrant d'hématomes ou d'atteintes neurologiques (vertiges, céphalées, confusions), conséquence des explosions.

Plusieurs journalistes couvrant les incidents ont également été blessés ces derniers jours.

Dimanche, la coordination des opposants s'était donnée rendez-vous à l'ouest d'une route qui traverse la ZAD, le long d'un chemin dit de Suez. Mais à 11H00, environ 300 personnes, selon la gendarmerie, s'en sont pris aux forces de l'ordre pour tenter de passer à l'est de la route afin d'aller reconstruire les squats détruits.

Les gendarmes ont répliqué avec grenades lacrymogènes et de désencerclement, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les soutiens aux expulsés, équipés de vêtements de pluie et de bottes, ont afflué depuis le milieu de matinée vers le lieu de la manifestation. Plusieurs milliers de manifestants étaient dispersés dans la zone du chemin de Suez en début d'après-midi, notamment dans les bois environnants.

D'importants barrages routiers de gendarmes étaient installés sur les principales voies d'accès de la ZAD dimanche matin et l'entrée n'était possible qu'après une fouille des sacs.

L'État français a appelé les occupants de la Zad, expulsés ou non, à régulariser leur situation avant le 23 avril.

Samedi, une manifestation de soutien aux expulsés, qui a rassemblé 6.700 personnes selon la police, a dégénéré dans la ville de Nantes avec des vitrines brisées et du mobilier urbain détruit. Une autre manifestation de 1.000 à 2.000 personnes à Montpellier, rassemblant soutiens aux zadistes ou encore aux migrants, avait elle aussi dégénéré.