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La grève a déjà coûté "une centaine de millions d'euros" à la SNCF, l'opérateur du rail français, a déclaré lundi son patron, Guillaume Pepy, sur la radio RMC et sur la chaîne BFMTV.

Le coût de la grève, "c'est de l'ordre de 20 millions d'euros par jour" pour la SNCF, a ajouté M. Pepy.

Au quatrième jour de grève ce lundi, 43% du personnel indispensable à la circulation des trains se croisent les bras. Le trafic reste toujours "très perturbé" mais moins que la semaine dernière. Un TGV sur cinq circule, contre un sur sept aux premiers jours du mouvement.

C'est également ce lundi que le projet de "nouveau pacte ferroviaire" passe en première lecture à l'Assemblée nationale. L'examen en séance plénière doit débuter à 16h00.

Outre la fin des recrutements au statut (de cheminot, ndlr), grévistes et partis de gauche déplorent la volonté du gouvernement de transformer la SNCF en société anonyme à capitaux publics et d'ouvrir le secteur ferroviaire à la concurrence.

Les opposants à la réforme accusent le gouvernement de vouloir, à terme, privatiser la SNCF. "Fantasme", leur répond la ministre des Transports Élisabeth Borne.

Le conflit social a poussé un représentant du gouvernement français, Christophe Castaner (chargé des relations avec le parlement), à débattre publiquement sur un plateau télévisé avec un leader des grévistes Laurent Brun, comme le réclamait le syndicat CGT. Jeudi, le président Emmanuel Macron accordera un entretien d'une heure au journal de 13h00 de TF1.

Le gouvernement maintient qu'il ira "jusqu'au bout" de sa réforme et que les grandes lignes ne sont "pas négociables".

En principe, la grève devrait connaitre une pause mardi matin, pour reprendre jeudi soir. Mais le syndicat SUD-Rail plaide toujours pour un mouvement reconductible chaque jour au lieu de la grève de deux jours sur cinq décidée par l'intersyndicale. Laurent Brun (CGT) dit, lui, ne pas exclure de prolonger le mouvement "au-delà du mois de juin".

"1 million d'euros" de frais supplémentaires pour les agences de voyage

Les agences de voyage, qui émettent chaque jour 100.000 billets Air France et SNCF, indiquent faire face à des frais "supérieurs à un million d'euros" début avril en raison des grèves, qui les obligent à réorganiser de multiples trajets.

Dans un communiqué lundi, le syndicat des Entreprises du Voyage, qui représente l'essentiel des agences de voyage françaises, fait état des répercussions sur son activité et indique notamment être confronté aux "conséquences liées à l'impossibilité d'utiliser des prestations déjà payées".

Il cite en exemple "l'impossibilité" pour un client "de rejoindre le port de départ pour une croisière, un circuit au Japon irréalisable en raison de l'annulation du vol Air France Paris-Tokyo, ou encore l'annulation d'un voyage scolaire en train".

Ces frais "sont supérieurs à un million d'euros pour la première semaine d'avril", selon les estimations du syndicat, qui doit ainsi décaler certains départs, retarder certains retours ou payer des nuits d'hôtels supplémentaires pour les clients qui ne pourraient pas rentrer à la date prévue.

Les Entreprises du Voyage rappellent que chaque jour, en France, 45.000 trajets Air France et 55.000 billets SNCF "résultent d'émissions effectuées par les agences de voyage".

Côté salarial, le syndicat estime à "500.000 euros par jour de grève" le "surcroît" de travail - en heures supplémentaires notamment - pour réorganiser les déplacements affectés par les grèves.

Plus globalement, la baisse des réservations de vacances (soit les prises de commandes) pendant les périodes de grève "est de l'ordre de 20% par rapport à la même période de 2017", indique-t-il.

"Même si une partie des vacances d'été se rattrapera, les ponts de mai (quatre cette année dont un +viaduc+ pour la semaine du 8 mai) pour lesquels la décision de vacances est assez tardive ne se rattraperont que très partiellement", estime-t-il.

Les agences de voyage jugent également que "l'attractivité touristique et économique de la France est fortement altérée: les images des cohues dans les gares sont reprises en boucle dans le monde entier par les chaînes d'infos".

"C'est en avril et mai que l'on organise ses vacances d'été; les arbitrages de voyages s'effectueront au profit de destinations jugées plus sereines que la France. Ce retard ne se rattrapera pas et ralentira les bonnes performances de la destination France", avertit-il.

L'Hexagone a connu une année 2017 record en termes de fréquentation touristique, avec près de 89 millions de visiteurs étrangers.