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La mobilisation des surveillants de prison se poursuivait vendredi en France, marquée par des affrontements entre gardiens et forces de l'ordre devant l'établissement de Fleury-Mérogis (près de Paris), le plus grand d'Europe.


Au quatrième jour d'un mouvement qui entre dans une phase décisive avec la reprise des négociations entre syndicats et administration, des gendarmes mobiles ont chargé et tiré des gaz lacrymogènes sur 150 gardiens qui bloquaient l'accès à Fleury-Mérogis.

Les surveillants avaient dressé une barricade de pneus et de palettes devant la porte de la prison, afin d'empêcher leurs collègues de prendre leur service.

Jeudi, dans ce même centre, 123 détenus avaient refusé de regagner leurs cellules après la promenade de la mi-journée, avant de les réintégrer dans le calme, encadrés par des équipes d'intervention, selon la Direction de l'administration pénitentiaire (DAP).

Malgré le début de négociations mardi soir avec leur direction et la promesse d'un plan prison par le président Emmanuel Macron, les syndicats ont décidé de reconduire le mouvement, lancé après l'agression le 11 janvier de surveillants par un détenu djihadiste dans une prison du nord de la France.

Les gardiens mobilisés réclament plus de moyens et de meilleures conditions de sécurité, mais vient également se greffer au mouvement de contestation la question de la prise en charge des détenus radicalisés, au moment où la France attend le retour prochain des "revenants", ses ressortissants de retour de Syrie après y avoir combattu aux côtés des islamistes.

Pour l'instant, les négociations ont débouché sur un document de travail contenant des propositions sur la sécurité des agents, la prise en charge de la radicalisation, une meilleure reconnaissance du métier de surveillant et les effectifs.

Les blocages ont repris dans de nombreuses autres prisons, selon des sources syndicales mais le "mouvement a baissé ce vendredi", a reconnu Laurens Maffre, secrétaire du syndicat Ufap-Unsa dans le Sud-Ouest.

© AFP

Corse: deux gardiens de prison blessés

Deux gardiens de prison ont été blessés, dont un touché à la gorge d'un coup de couteau, par trois détenus dont un suivi pour radicalisation, vendredi à la maison d'arrêt de Borgo (Haute-Corse), a-t-on appris de sources concordantes.

Les deux gardiens, dont l'un a été plus gravement touché que l'autre, ont été transférés vers l'hôpital de Bastia, a indiqué la procureure de Bastia Caroline Tharot, sans donner plus de précisions sur les circonstances de l'agression, survenue en plein mouvement de contestation national des surveillants de prison.

La section de recherches de Bastia a été chargée de l'enquête.

Selon la direction de l'administration pénitentiaire, les deux surveillants, dont le pronostic vital n'est pas engagé, ont été attaqués par trois détenus de droit commun, et non par un seul comme indiqué dans un premier temps. L'un de ces trois détenus est suivi pour radicalisation religieuse, a-t-on précisé de même source à l'AFP.

Selon une source proche de l'enquête, l'auteur des faits s'est retranché dans sa cellule avec un ou deux complices. Un périmètre autour de la prison a été bouclé et une dizaine de véhicules de CRS sont arrivés vers 11H00 devant la maison d'arrêt, où la direction de l'administration pénitentiaire a confirmé à l'AFP qu'une opération de police était en cours.

Il y avait des soupçons de radicalisation autour de ce détenu, qui ont été confirmés ces derniers mois par des écoutes téléphoniques transmises à la procureure de la République qui a ouvert une enquête, a ajouté cette source.

"Il s'agit d'une grosse agression, l'un des deux gardiens était inconscient et l'auteur est un détenu qui avait déjà une fiche signalétique sur son comportement", a indiqué à l'AFP Maxime Coustie, délégué régional UFAP.