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Novices ou engagés de longue date, les premiers élus sont arrivés dès lundi matin à l'Assemblée nationale française pour accomplir les premières formalités et prendre leurs marques.

Parmi les matinales, une élue de la région parisienne sous l'étiquette La République en Marche (REM), le parti du président centriste Emmanuel Macron: Naïma Moutchou, avocate de 35 ans, a dit à la presse voir sa tâche comme "un grand honneur" mais aussi "une grande responsabilité".

Elle était déjà venue comme "simple citoyenne" au Palais Bourbon, qui abrite l'Assemblée nationale. Elle doit désormais s'enregistrer, récupérer sa mallette de députée et faire des photos officielles.

La République en marche (REM) et sa formation alliée du MoDem ont obtenu dimanche une confortable majorité aux élections législatives, balayant les autres partis: 350 des 577 sièges de l'Assemblée, dont 308 pour REM seul.

Cette élection a consacré les jeunes partis et les nouveaux venus en politique: 91% des nouveaux députés REM et 100% de ceux de la France insoumise, parti de la gauche radicale, n'ont jamais siégé à l'Assemblée.

Au total, 424 des 577 députés sont de nouveaux élus.

"On va les coacher", a assuré le député de centre-droit réélu, Philippe Vigier. "Les vieux peuvent vous guider - enfin les vieux..."

Cette semaine "on va commencer à travailler sur la formation des groupes politiques", qui seront "cinq, peut-être six", a-t-il anticipé.

Le prochain président de l'Assemblée, qui succèdera au socialiste Claude Bartolone, doit être élu le 27 juin.

"Ca ne va pas être facile de diriger cette Assemblée nationale et je souhaite bien du plaisir au futur président" de la chambre basse, a lancé lundi matin le socialiste Julien Dray sur la radio RTL.

Ni dociles, ni 'frondeurs' 

Parce qu'elle couvre tout le spectre politique, de la gauche radicale (17 élus) à l'extrême-droite (8 élus), "et que vous avez un groupe de parlementaires qui ne sont pas expérimentés et qui ne sont pas forcément des +ténors du barreau+, ça ne va pas être simple", a-t-il jugé.

L'Assemblée nationale a déjà prévu une série de séances de formation de ces élus, dès le début de la session extraordinaire, en juillet, pour "leur permettre d'acquérir rapidement une connaissance opérationnelle", a-t-elle annoncé lundi.

Au menu: statut des députés et déontologie; le député-employeur; la procédure législative; les fonctions de contrôle et d'information...

De son côté, le mouvement créé par Emmanuel Macron a programmé un séminaire de rentrée pour ses députés le week-end prochain. "Ce ne sera pas du +teambuilding+ ou de la formation à faire la loi, qui s'acquiert vite", mais "un travail collectif sur le rôle du député En Marche!, ses missions et valeurs", a-t-on assuré au sein du mouvement.

Un responsable du parti présidentiel a réfuté que l'arrivée de tant de novices soit synonyme de majorité docile.

Les députés de la République en marche auront "la capacité de pouvoir contester" les choix du gouvernement, mais sans être des "frondeurs", a expliqué Jean-Paul Delevoye, président de la Commission d'investiture de REM.

"Vous imaginez ces nouveaux visages arriver et qu'on va leur dire: +tu t'assois là, tu votes l'amendement et tu obéis ?+ Pas du tout", a assuré M. Delevoye sur France 2.

"Nous ne sommes plus dans une société d'obéissance où on demande aux parlementaires d'obéir au gouvernement. Nous sommes dans une société d'adhésion. Il va falloir que les ministres convainquent", a poursuivi l'ancien député de droite.