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Pilier du gouvernement, Nicolas Hulot s'est défendu jeudi de rumeurs "ignominieuses" de harcèlement voire de violences sexuels le visant, assurant n'avoir "pas pensé" à démissionner de son poste de ministre, sans pour autant l'exclure pour protéger sa famille.

Au courant de rumeurs circulant dans les rédactions sur un article finalement publié dans le numéro d'Ebdo à paraître vendredi, le ministre de la Transition écologique a "pris les devants" pour contrer "un poison lent qui tue", en démentant sur BFMTV tout comportement inapproprié concernant "deux affaires qui n'en sont pas".

A-t-il été accusé de harcèlement sexuel par une ancienne collaboratrice de sa Fondation? "La réponse est non et je le dis avec d'autant de force que la personne en question, qui est parfaitement identifiée, avec laquelle je suis en contact, vous dira exactement la même chose", a-t-il déclaré, démentant avoir acheté son silence.

Il a en revanche reconnu l'existence d'une plainte en 2008, classée "sans suite", de la petite-fille d'un homme politique célèbre, une jeune femme alors "majeure", concernant "des allégations remontant à 1997".

Cette plainte, dont le motif n'a pas été précisé, "a été classée sans suite car non seulement l'affaire était prescrite, mais j'ai été auditionné par les gendarmes à ma demande, et les enquêteurs ont très rapidement considéré qu'il n'y avait absolument rien qui permettait de poursuivre cette affaire", a insisté l'ex-présentateur d'Ushuaïa, 62 ans.

"Je n'ai évidemment rien à me reprocher", a-t-il dit.

Ebdo, qui a interviewé cette femme sous couvert d'anonymat, avance qu'il "aurait abusé d'elle (...) dans une de ses maisons".

L'hebdomadaire parle de "témoignage bouleversant" - sans livrer de citations sur les actes incriminés. "J'ai tenu à ce qu'il sache la façon dont j'avais vécu les choses, et je lui ai fait savoir", dit l'intéressée à propos de sa décision de faire dresser "un procès-verbal" en gendarmerie en 2008.


'On a fait pleurer mes enfants' 

Alors que les médias le donnent régulièrement au bord de la démission face aux arbitrages du gouvernement, Nicolas Hulot a assuré ne pas y avoir pensé non plus après ces rumeurs, sans toutefois l'exclure.

"C'est ma famille qui prime, c'est sa résistance qui prime et c'est cela qui guidera ma décision, mes choix", a-t-il indiqué, évoquant un "cauchemar". "Ca fait mal, quand c'est injuste, quand c'est infondé, car moi hier on a fait pleurer mes enfants", a-t-il ajouté, dénonçant des choses "ignominieuses, inqualifiables, qui me mettent dans une rage folle".

S'il se sentait depuis des mois "traqué par une meute invisible", avec des "insinuations" sur son patrimoine notamment, "là on change de registre (...) on franchit la ligne rouge", a-t-il estimé.

Dans le contexte actuel de libération de la parole des femmes qui "oblige les hommes à une forme d'introspection, moi le premier", l'ancien militant a appelé à mettre "des frontières".

"On peut se poser la question, les uns et les autres, est-ce qu'on a eu dans d'autres temps des attitudes, des expressions que l'on pensait anodines et qui ne l'étaient peut-être pas pour les personnes concernées. Cette question vaut d'être posée mais dans un registre qui n'a rien à voir avec les allégations dont nous sommes en train de parler", a-t-il insisté, assurant avoir "en horreur le machisme, le sexisme (...) presque au même niveau que le racisme".

Edouard Philippe lui a immédiatement adressé "un message de soutien", estimant qu'il n'y a "aucune raison de douter de sa parole". Et l'entourage du chef de l'Etat a écarté toute démission en l'absence de mise en examen.

"Moi je le crois", a réagi le secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères Jean-Baptiste Lemoyne, sur LCP. "J'ai entendu les mots d'un homme meurtri", a-t-il ajouté, soulignant l'action d'un homme qui "fait progresser une cause qui est chère à l'ensemble des Français".

Les déclarations de Nicolas Hulot interviennent alors que le gouvernement est embarrassé par une plainte pour viol visant le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, auquel le président et le Premier ministre ont témoigné leur "confiance".

Le parquet de Paris a récemment rouvert une enquête sur une accusation de viol visant M. Darmanin pour des faits présumés datant de 2009 que l'intéressé conteste catégoriquement.