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La nomination mardi au poste de ministre de la Transition écologique de François de Rugy, "un pragmatique opportuniste", suscite mercredi l'ironie des éditorialistes dont plusieurs s'exclament "Tout ça pour ça!".

C'est entre autres le cas de Jean-Michel Servant dans le Midi Libre. "Tout ça pour ça ? Alors que l'on nous annonçait une grosse pointure pour remplacer Nicolas Hulot, le remaniement du gouvernement vire à 'un petit arrangement entre amis'", écrit-il.

"Contrairement à Nicolas Hulot qui croyait que l'utopie pouvait se concrétiser, François de Rugy est un pragmatique opportuniste rallié très tôt à Macron", analyse Bernard Stéphan dans La Montagne Centre France.

"Voici Rugy le peu rugissant, transfuge d'EE-LV, rallié à la macronie pro-business", regrette Laurent Joffrin dans Libération, soulignant que la nomination du "'pragmatique' François de Rugy au ministère de la Transition écologique inquiète ceux qui espéraient voir préservées les grandes ambitions du gouvernement sur les questions climatiques."

Dans Les Echos, Cécile Cornudet pense qu'Emmanuel Macron "choisit le plus terne successeur possible à Nicolas Hulot" et que "la politique des 'petits pas'" remplace la 'disruption'."

"La nomination de François de Rugy, transfuge des Verts, associé à tous les choix du régime depuis, sans surface ou appuis politiques, ne sert à rien", assène Patrick Apel-Muller dans L'Humanité.

"Ecolo moderato" 

"L'ancien président de l'Assemblée nationale n'est pas du genre à mettre sa carrière en péril pour de menus désaccords avec la FNSEA ou le président d'EDF. Écolo, d'accord, mais moderato", ironise Bernard Maillard du Républicain Lorrain.

Pour Nicolas Beytout de L'Opinion, cette nomination "est une bonne affaire" pour la "tranquillité politique" d'Emmanuel Macron et "la nomination d'un Vert, même pâle, coche la case écolo."

"Sa capacité infuse à se fondre dans le panorama de la macronie et son aptitude naturelle à avaler des couleuvres ont plaidé pour son accession au ministère du sauvetage de la planète", assure peu charitablement Didier Rose (Dernières Nouvelles d'Alsace) qui juge que le nouveau ministre "cumule les caractéristiques de l'affidé comme Macron semble en chercher, maintenant qu'il tourne la page de l'ouverture à la société civile".

Pour Maurice Bontinck de la Charente Libre, le parcours de François de Rugy "démontre qu'en politique le principal est encore de démontrer ses sincérités successives avec beaucoup de conviction."

"Avec Rugy comme ministre, la transition écologique ne risque pas de dépasser les 80 km/h. Quant aux chasseurs, ils ont pris un malin plaisir à se réjouir officiellement. On attend les messages de félicitations d'EDF et de Total", s'amuse Sébastien Lacroix dans L'Union. "Avec ce remaniement, Macron devait reprendre la main. Il donne plutôt l'impression de perdre pied.", conclut-il.