International Après la fusillade qui a touché la rédaction du magazine satirique Charlie Hebdo ( Tous les détails ici ), de nombreuses personnalités ont réagi. Partout en France, et ailleurs, c'est évidemment l'émoi.


La classe politique française


Le président français François Hollande a décrété lors d'une conférence de presse à 20h mercredi soir une "journée de deuil national" jeudi en France et renouvelé son appel au rassemblement du pays, après l'attentat contre le journal satirique Charlie Hebdo, qui a fait 12 morts et 11 blessés à Paris.

"Notre meilleure arme, c'est notre unité. Rien ne peut nous diviser, rien ne doit nous séparer", a déclaré le chef de l'Etat lors d'une adresse courte et solennelle à la Nation retransmise sur les chaînes de télévision. Les drapeaux seront aussi mis en berne pendant trois jours, a précisé François Hollande.

Plus tôt dans la journée, il était rapidement arrivé sur les lieux du drame et avait déjà pris la parole. "C'est un acte d'une exceptionnelle barbarie qui vient d'être commis ici à Paris contre un journal, c'est-à-dire l'expression de la liberté. Contre des journalistes qui avaient toujours voulu montrer qu'ils pouvaient agir en France pour défendre leurs idées et pour avoir justement cette liberté que la République protège. Il y avait également des policiers pour les protéger. Ceux-là, journalistes, policiers, ont été lâchement assassinés."

La France est aujourd'hui devant un choc, un choc qui est celui d'un attentat, car c'est un attentat, terroriste ça ne fait pas de doute, et par rapport à un journal qui avait été plusieurs fois menacé, qui était justement protégé.

Dans ces moments-là il faut faire également bloc, montrer que nous sommes un pays uni, que nous savons réagir comme il convient. C'est-à-dire avec fermeté, mais avec toujours le souci de l'unité nationale.


Nous sommes dans un moment extrêmement difficile, plusieurs attentats terroristes avaient été déjoués ces dernières semaines, nous savions que nous étions menacés, comme d'ailleurs d'autres pays dans le monde.

Nous sommes menacés parce que nous sommes un pays de liberté, et parce que nous sommes un pays de liberté nous conjurons les menaces et nous punirons les agresseurs. Personne ne doit penser qu'il peut agir en France contrairement aux principes de la République et atteindre l'esprit même de la République c'est-à-dire un journal. Mais je pense aujourd'hui à ces victimes. Onze personnes sont mortes, quatre sont entre la vie et la mort, nous en sommes là et nous aurons à coeur de trouver les responsables et d'appeler autant que possible à l'unité nationale".

Le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy s'est exprimé vers 14 heures et a appelé "à ne pas faire d'amalgames".

"Je ressens une profonde émotion après cet acte abject, une attaque directe sauvage. Mes pensées se tournent vers les nombreuses victimes de cet attentat barbare, vers leur famille et la police. Les coupables doivent être poursuivis et châtiés avec la plus extrême sévérité. La fermeté absolue est la seule réponse possible. Nous ne pouvons pas céder le moindre pouce de terrain. Nous devons continuer à dire ce que nous avons envie de dire. Continuer à vivre comme nous voulons vivre. Notre nation est endeuillée, la France est frappée au cœur. J'appelle tous les Français à ne pas faire d'amalgames".

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a pris la parole après une réunion interministérielle. "Notre pensée va aux victimes à leurs proches et à l'ensemble des journalistes qui se battent pour la liberté de la presse, aux policiers qui assuraient la protection de Charlie Hebdo. Tous les moyens sont mobilisés de manière pour que l'on puisse identifier les auteurs et procéder à leur arrestation. Cette mobilisation a été déclenchée dès l'événement".

François Fillon (UMP) a également réagi sur son compte Twitter.


Tout comme Jean-Luc Mélanchon (Parti de Gauche)

Marisol Touraine , la ministre de la Santé a publié un tweet dans lequel elle exprime "sa solidarité aux victimes et à leurs familles" .

Bruno Julliard (PS), Premier Adjoint à la Maire de Paris s'est également exprimé au micro de LCI . "Nous sommes évidemment sous le choc. C'est un coup porté à Paris, un c hoc majeur pour tous les Parisiens ".


La communauté internationale

Le roi Philippe et la reine Mathilde ont présenté leurs plus vives condoléances au Président français à la suite de l'attentat perpétré mercredi dans les locaux du journal satirique Charlie Hebdo à Paris, a indiqué le Palais dans un communiqué. "En ces moments de deuil et de douleur, ils sont en pensées avec toute la nation française, et plus particulièrement avec les familles et les proches des victimes. Le Roi et la Reine leur souhaitent beaucoup de courage dans ces moments très éprouvants", écrit le Palais.

Charles Michel s'est exprimé sur son compte Twitter. Le Premier ministre (MR) évoque sa consternation.

Il convoque ce mercredi après-midi le "collège du renseignement et de la sécurité" après l'attentat de Paris. Le collège composé de représentants du comité ministériel du renseignement et de la sécurité sera présidé par le conseiller en sécurité du Premier ministre. Le "niveau de sécurité" sera analysé lors de cette réunion, a fait savoir le Premier ministre dans un communiqué. Il sera fait état des "différentes mesures" qui pourraient être adoptées afin de "garantir la sécurité de tous les citoyens et des institutions" du pays.

Jan Jambon a adressé "ses condoléances aux membres de la famille et aux proches des victimes, en particulier à ceux des deux policiers "qui succombé dans des circonstances atroces".

Le niveau de menace terroriste n'est pour le moment pas relevé en Belgique à la suite de l'attaque. "Nous suivons la situation minute par minute, mais il n'y a actuellement aucune raison de céder à la panique en Belgique" , a affirmé le ministre de l'Intérieur, interrogé dans les couloirs de la Chambre. "Tout est néanmoins prêt si le niveau de menace devait être relevé. Mais tout était déjà prêt ce matin avant l'attentat, tout l'était hier et le sera demain", a ajouté le ministre.

Le ministre-président wallon Paul Magnette a appris "avec l'horreur qui frappe tout être humain devant la barbarie" qu'un attentat avait été perpétré au siège de Charlie Hebdo, mercredi à Paris. "Ce crime contre la démocratie rappelle aussi combien la liberté d'expression et la liberté de la presse qui la consacre constituent les fondements de notre démocratie et doivent être défendus comme tels avec la plus grande détermination", a ajouté le ministre-président wallon dans un communiqué.

Le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles Rudy Demotte s'est dit lui "profondément choqué par l'attentat (...) qui vise et attaque, lâchement les libertés fondamentales d'expressions".

Le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort a fait part via Twitter de sa "colère, tristesse et consternation".

Elio Di Rupo (PS) a également adressé un message de solidarité sur Twitter.

Le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker condamne "un acte intolérable, une barbarie".

Selon l'AFP, la Maison Blanche a condamné cette attaque "dans les termes les plus forts".

"Toute la Maison Blanche est solidaire des familles de ceux qui ont été tués ou blessés dans cette attaque" , a déclaré Josh Earnest, porte-parole du président américain Barack Obama, sur la chaîne MSNBC.


La chancelière allemande Angela Merkel condamne un "attentat abominable".

De même, le Premier ministre britannique David Cameron a dénoncé une attaque "révoltante" . "Les meurtres commis à Paris sont révoltants. Nous nous tenons aux côtés du peuple français dans le combat contre le terrorisme et pour la défense de la liberté de la presse" , a déclaré M. Cameron sur son compte Twitter.

Selon le Kremlin, Vladimir Poutine "dénonce fermement le terrorisme" après l'attentat à Paris.

Dans un communiqué, le gouvernement espagnol a condamné mercredi "l'acte terroriste vil et défendu la liberté de la presse comme "un droit fondamental".

"Nous recevons avec horreur les nouvelles de l'acte terroriste vil et lâche perpétré aujourd'hui contre le siège de l'hebdomadaire français Charlie Hebdo à Paris".

Le Premier ministre italien Matteo Renzi apporte "un soutien total à François Hollande dans ce moment terrible" . Selon lui, "on est tous Français" ce mercredi et "la violence perd toujours contre la liberté."


Le Vatican a condamné mercredi "la double violence" de l'attentat contre le siège du journal Charlie Hebdo à Paris, à la fois contre les personnes et contre la liberté de la presse.

Dans une première réaction, le père Ciro Benedettini, vice-directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, a fait part à des journalistes de la "condamnation pour l'acte de violence" qu'a constitué la fusillade, et la "condamnation pour l'atteinte à la liberté de la presse, aussi importante que la liberté religieuse".

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est dit mercredi "consterné" par l'attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo, qualifié "d'attaque contre la liberté d'expression et la liberté de la presse, deux piliers de la démocratie".

"Cette attaque vise à diviser, nous ne devons pas tomber dans ce piège", a souligné M. Ban, qui s'exprimait en français devant la presse au siège de l'ONU. Se disant "profondément bouleversé" par cet attentat "abominable et injustifiable", il a exprimé "sa solidarité avec le gouvernement et le peuple français". "Mes pensées vont aussi aux familles et aux proches des victimes", a-t-il déclaré. "C'est le moment de montrer notre solidarité", a-t-il ajouté en anglais.

"Partout dans le monde, nous devons soutenir fermement la liberté d'expression et la tolérance et nous opposer aux forces de la division et de la haine." Le Conseil de sécurité de l'ONU devait publier dans la journée une déclaration condamnant l'attentat, selon des diplomates du Conseil.


La Presse


Les rédactions françaises ont également apporté tout leur soutien à leurs collègues.

Mathieu Gallet, Président directeur général de Radio France a exprimé dans un tweet "sa solidarité" avec le personnel de Charlie Hebdo "devant l'horreur des faits".

Eric Chol, journaliste à Courrier International.


L'organisation Reporters sans frontières qui défend la liberté de la presse se dit "horrifiée" par cette attaque.

La FEJ, principale organisation représentative de la profession en Europe, qualifie cette tuerie "d'horreur absolue" et tient d'abord à marquer sa solidarité avec les victimes et avec leurs proches.

"En s'en prenant à une rédaction, les auteurs de la tuerie ont visé la liberté de la presse. C'est la presse libre et indépendante qui est visée, une presse plus que jamais menacée, en Europe", a déclaré mercredi Mogens Blicher Bjerregård, le président de la Fédération européenne des journalistes .

L'association des journalistes professionnels (AJP) a fait part de son effroi. "Le carnage lâche et abominable dont les journalistes, dessinateurs de presse et policiers ont été victimes est la négation de toutes nos valeurs de démocratie et de liberté d'expression", a déclaré la présidente de l'AJP, Martine Simonis. "Nous sommes profondément choqués".

La VVJ, le pendant néerlandophone de l'AJP, a également fait part de son indignation. "L'attaque contre Charlie Hebdo est particulièrement, exceptionnellement tragique", déclare Pol Deltour, le secrétaire national de la VVJ.

Interrogé par RTL, le journaliste Jean-François Kahn a fait part de son émotion. "Le hasard fait que pendant le réveillon du Nouvel An, j'étais avec Cabu. J'ai un ami qui est un grand dessinateur de Marianne qui était aussi sur place à Charlie Hebdo, je ne sais pas ce qui lui est arrivé, je crains le pire", a-t-il expliqué. Et de proposer : "Je crois que ce qu'il faudrait, c'est republier leurs dessins où ils disent ce qu'ils pensent du fanatisme et du fanatisme islamiste. Il faut le faire pour montrer que l'on ne s'agenouille pas, qu'on ne baisse pas les bras, qu'on ne se laisse pas impressionner par cette terreur et qu'on est prêt à prendre ce risque, on va pas se laisser terroriser par cette action là et je crois que publier certains de leurs dessins qui condamnent le fanatisme, je crois que ça serait une belle action de refus".


Le monde musulman


Par ailleurs, l'imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, a dénoncé cet acte. "Leur barbarie n'a rien à voir avec l'islam. Ce sont des satans, ils ont vendu leur âme au diable. Il ne faut pas céder. Ils ont touché des symboles forts. J'appelle les pouvoirs publics à être fermes, vis-à-vis de ces personnes qui manipulent cette jeunesse. J'espère que les Français seront tous solidaires et qu'ils ne feront pas d'amalgames".


Le Conseil français du culte musulman (CFCM), instance représentative des musulmans de France, a condamné mercredi comme un "acte barbare" l'attentat sanglant d'inspiration islamiste contre l'hebdomadaire Charlie Hebdo à Paris. L'Exécutif des musulmans de Belgique s'est réuni mais n'a pas encore réagi.

"Cet acte barbare d'une extrême gravité est aussi une attaque contre la démocratie et la liberté de presse", affirme au nom des "musulmans de France" le CFCM, instance représentative de la première communauté musulmane d'Europe, forte de 3,5 à 5 millions de

Dans un communiqué distinct, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), proche des Frères musulmans, a condamné "de la manière la plus ferme cette attaque criminelle et ces horribles meurtres".

Le gouvernement islamo-conservateur turc a fermement condamné le sanglant attentat qui a visé mercredi à Paris le journal satirique français Charlie Hebdo, tout en mettant en garde contre le péril de l'islamophobie. "Nous condamnons avec la plus grande fermeté le terrorisme. Nous sommes contre toute forme de terrorisme, peu importe d'où il vient et ses mobiles", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu devant les journalistes à Ankara. M. Cavusoglu a en outre rejeté tout lien entre l'islam, qu'il a qualifié de "religion de paix", et la violence.

La Ligue arabe et Al-Azhar, principale autorité de l'islam sunnite, ont également condamné mercredi l'attentat "terroriste". L'université Al-Azhar a déploré une attaque "criminelle", soulignant que "l'islam dénonce toute violence", tandis que l'institution panarabe, basée au Caire, a condamné "avec force cette attaque terroriste" qui a fait 12 morts.

Le gouvernement égyptien a condamné cette "attaque terroriste" par la voix du ministre des Affaires étrangères, Sameh Choukri, ajoutant que son pays était "aux côtés de la France face au terrorisme qui nécessite un effort international conjoint pour y mettre fin".

En Tunisie, le président du parti islamiste Ennahda, Rached Ghannouchi, s'est dit "horrifié et indigné par l'acte lâche et criminel ayant visé les journalistes et le personnel de Charlie Hebdo". "Nous condamnons avec la plus grande fermeté ces actes terroristes, leurs auteurs, leurs instigateurs et tous ceux qui les soutiennent", a-t-il ajouté dans un communiqué en français.

"Non, non, non", a pour sa part réagi sur Twitter le professeur Tariq Ramadan. "Contrairement à ce qu'ont apparemment dit les assassins (...), ce n'est pas le Prophète qui a été vengé, c'est notre religion, nos valeurs et nos principes islamiques qui ont été trahis et souillés."