International Disparu des écrans radar après avoir renoncé à briguer un deuxième mandat, François Hollande est de retour dans les médias. Il en a même fait (tout) le tour, en France, à la veille de la parution de son livre-confession, Les Leçons du pouvoir (Stock), un ouvrage marketé grâce à sa rapidité d'élaboration : l'ancien président français aurait mis trois petits mois à le rédiger.

Le point d'orgue de ce "tour des rédactions" était sa présence au journal télévisé d'Anne-Sophie Lapix sur France 2, deux jours avant que son successeur, Emmanuel Macron, n'intervienne au 13h de TF1, le 12 avril. Un véritable défilé médiatique alors que la France connait une période de grèves et de protestations particulièrement vivaces.

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Anne-Sophie Lapix a tenté de 'cuisiner' l'ancien chef d'Etat, le contredisant à maintes reprises. Voici les principaux sujets abordés.

Désaccords sur le bilan Hollande

Alors, réduit ou pas, le chômage structurel grâce au quinquennat Hollande ? Le président rappelle, à raison, qu'à son arrivée au pouvoir, "le pays avait une compétitivité réduite à rien". Au-delà d'une diminution du déficit du budget et d'une relance de la croissance, il évoque une diminution du chômage grâce à ses mesures. Lapix marque son désaccord et se base sur les chiffres de Pôle emploi durant le quinquennat. Le nombre de chômeurs a effectivement augmenté. Hollande rappelle que le nombre de travailleurs actifs a, lui aussi, gagné des couleurs.

Macron "creuse les inégalités"

Hollande avoue sans détour avoir été "séduit" par Macron à l'époque où celui-ci était du Parti socialiste et avant qu'il ne devienne son ministre de l'Economie. Depuis, il a déchanté. Arguant que l'actuel président ne s'est jamais inscrit dans une philosophie sociale-démocrate, Hollande accuse Macron de creuser les inégalités. " Comment accepter que les titulaires des gros patrimoines soient aujourd'hui ceux qui ont la redistribution que nous avons tous souhaitée ?" , a-t-il déclaré.

"Frapper" en Syrie

Les preuves d'attaques chimiques répétées en Syrie, dans les région de la Douma et de la Ghouta, s'amoncèlent. Pour François Hollande, la seule réponse possible pour la France est "une frappe, des frappes". " J'ai moi-même demandé une réponse de l’ensemble de la communauté internationale et dit que la France ferait appel à des frappes puisqu’il y avait eu l’utilisation d’une arme totalement prohibée à l’échelle internationale." Une demande à laquelle aucune suite n'a été donnée. La situation actuelle est le résultat, selon lui, de cette inaction.

"Je suis pudique"

Hollande est revenu sur le scandale de sa liaison avec Julie Gayet (avec qui il est toujours en couple aujourd'hui) à l'époque où il était avec Valérie Trierweiler. Pour l'ancien président, il est difficile de maintenir une vie privée en occupant de telles fonctions. "Je suis pudique . (...) Quand la vie privée vient interférer dans la vie publique, c'est vrai que cela crée des conséquences et des complications : et sur la vie publique – cela a eu un certain nombre d'impacts – et sur la vie privée – cela a sans doute contribué à notre séparation".

Interrogé plus spécifiquement par Lapix sur la photo du scooter, Hollande regrette une profonde intrusion dans sa vie privée. "Je ne suis pas pour que l'intimité soit violée comme cela."


Ne pas se représenter, un "sacrifice"

L'opinion publique se souvient de ce jour où, la mine grave et résignée, François Hollande a renoncé à se lancer dans la course à la présidentielle. Il invoque aujourd'hui des questions purement "politiques". "Une gauche divisée, la candidature déclarée d'Emmanuel Macron, et une droite qui était assurée, nous disait-on, d'être au second tour contre l'extrême droite." Le but était d'éviter un duel au deuxième tour entre les Républicains et le Front National. "J'aurais pu battre Emmanuel Macron, mais je ne l'ai pas voulu."

=> Hollande règle ses comptes: "Macron ne s’est jamais inscrit dans la social-démocratie. Il ne mène pas une politique qui s’en inspire"