International Selon le président français, "trois pays sont intervenus pour l'honneur de la communauté internationale."

Emmanuel Macron est venu défendre sa vision de l'Europe devant les eurodéputés hostiles aux récentes frappes en Syrie. Le ton est vite monté chez le président qui était très critiqué pour cette décision: "Les mêmes, les mêmes qui à chaque fois s'indignent devant les images que nous avons vues, d'enfants, de femmes, morts d'attaques de chlore, les mêmes, restons-nous assis? Défendons-nous des droits en disant 'les droits c'est pour nous, les principes c'est pour nous, la réalité c'est pour les autres'? Non, non!", a-t-il expliqué.

"Nous, nous faisons la guerre aux terroristes. Bachar al-Assad fait la guerre à son peuple. Trois pays sont intervenus et je vous le dis avec beaucoup de franchise: pour l'honneur de la communauté internationale. Pour justement, dans un cadre multilatéral, de manière ciblée, sans aucune victime humaine, détruire trois sites de production d'armes chimiques", a-t-il rappelé.

Le président a toutefois reconnu que "ces frappes en elles-mêmes ne règlent rien". Mais selon le Français, "elles rappellent les principes de la communauté internationale".

En face de lui, le vice-président du Front national Nicolas Bay a pris parole, en reprochant cette intervention militaire à Emmanuel Macron : "N'avez-vous donc rien retenu, vous et tous les autres, de l'Irak ou de la Libye? De ces interventions qui ont abouti à semer la guerre, le chaos et permettre aux djihadistes de prospérer".

Le vibrant plaidoyer en faveur de la coopération européenne

Lors de l'intervention devant le Parlement européen, Emmanuel Macron a tenu un nouveau et vibrant plaidoyer en faveur de la coopération européenne, dénonçant notamment les nationalismes et l'"illibéralisme". Il a souligné le besoin de "souverainetés européennes" en matière de défense, de commerce, de climat et d'énergie, de santé et d'alimentation, de protection des données numériques ou de protection sociale (détachement de travailleurs). Il a réclamé des résultats tangibles dans plusieurs domaines avant les élections européennes de 2019.

L'immigration fait partie des "quatre fronts" sur lesquels M. Macron veut voir l'Union engranger des résultats avant le rendez-vous électoral du printemps 2019, avec notamment une révision du règlement de Dublin et la création d'un programme soutenant directement les collectivités locales qui accueillent et intègrent les réfugiés.


Un autre front porte sur la taxe des géants du numérique, qui doit viser selon le président français "les excès les plus choquants" et aider à soutenir les pistes de ressources propres pour le budget européen, autre thème cher au locataire de l'Elysée.

Les deux autres fronts sont la réforme de l'Union économique et monétaire (UEM), passant par la mise en place d'une capacité budgétaire facilitant la convergence dans la zone euro, ainsi que des instruments permettant de développer une "culture commune" (université européenne, déploiement d'Erasmus, mais aussi un dossier actuellement bloqué: les droits d'auteur, instrument protecteur du "génie créatif").

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a immédiatement salué, avec "émotion et amitié", le discours du président français. "La vraie France est de retour", a-t-il lancé.