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Le ministre américain de la Défense, Jim Mattis, aurait préféré obtenir le feu vert du Congrès avant de lancer des frappes en Syrie la semaine dernière, mais le président Donald Trump n'a pas tenu compte de son avis, a rapporté mercredi le New York Times, ce que M. Mattis lui-même a contesté. 

Le chef du Pentagone, général des Marines à la retraite, a néanmoins réussi à limiter les frappes à trois cibles qui étaient supposées abriter des fabriques et des stocks d'armes chimiques mais qui ne risquaient pas de mettre le vie de soldats russes en danger, précise le quotidien américain, citant des sources militaires et de l'administration Trump non identifiées.

Une porte-parole du Pentagone, Dana White, a démenti les informations du New York Times, qu'elle a qualifiées "d'erreur criante".

"Je ne sais absolument pas d'où sort cette histoire", a commenté M. Mattis, qui recevait au Pentagone le ministre qatari de la Défense, Khaled ben Mohamed al-Attiya. "Je n'y ai trouvé aucun élément dont je me souvienne".

Signe des divergences entre M. Trump et son ministre, en annonçant les frappes vendredi soir, le président américain a affirmé que les Etats-Unis étaient "prêts à maintenir cette réponse jusqu'à ce que le régime syrien arrête d'utiliser des agents chimiques interdits".

Mais de fait, les frappes ont duré moins de deux minutes et M. Mattis a souligné dès vendredi soir qu'il n'y en avait pas d'autres prévues pour l'instant.

Ce n'est pas la première fois que les opinions de MM. Mattis et Trump divergent mais le chef du Pentagone paraît avoir réussi à conserver une relation privilégiée avec le président américain.

Interrogé par ailleurs sur la mission des enquêteurs de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) en Syrie, M. Mattis a jugé "regrettable" qu'elle ait été retardée.

"Nous avons bien conscience du délai imposé par le régime à cette délégation, mais nous avons aussi bien conscience de la façon dont il a procédé par le passé, en dissimulant ce qu'ils avaient fait avec des armes chimiques", a-t-il déclaré.

"En d'autres termes, ils (les Syriens) utilisent la pause qui intervient après une frappe pour effacer les preuves avant l'arrivée des enquêteurs", a-t-il poursuivi.

L'enquête sur l'attaque présumée aux "gaz toxiques" qui a fait au moins 40 morts à Douma le 7 avril se trouvait au point mort mercredi, l'équipe d'experts internationaux ne pouvant se rendre sur place pour des raisons de sécurité après qu'une mission de reconnaissance a été la cible de tirs.