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Neuf avions de chasse, cinq frégates de premier rang, et pour la première fois, des tirs de missiles de croisière navals: la France a mobilisé d'importants moyens pour frapper des "sites de production et de stockage d'armes chimiques" du régime syrien, aux côtés de ses alliés américain et britannique. Paris a tiré douze missiles de croisière sur la centaine ayant visé la Syrie dans la nuit de vendredi à samedi, à partir de 01H00 GMT, selon les informations fournies par l'Elysée et le ministère des Armées.

Parmi eux, trois missiles de croisière navals MdCN, d'une portée de 1.000 km et d'une précision de l'ordre du métrique, ont été tirés par une frégate multimissions (FREMM). Une première pour la France qui n'avait encore jamais utilisé cet armement en situation réelle.

Paris rejoint ainsi le club fermé des pays disposant, comme les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne, de missiles de croisière embarqués sur des bâtiments de guerre.

Au total, en Méditerranée, Paris a déployé trois FREMM (sur les cinq actuellement en service dans la Marine), une frégate anti sous-marine, une frégate antiaérienne et un pétrolier ravitailleur.

Côté aérien, la France a mobilisé cinq Rafale, 4 Mirage 2000-5 et deux avions de surveillance aérienne Awacs, qui ont décollé de France vendredi, accompagnés par cinq avions ravitailleurs.

Les Rafale ont tiré 9 missiles Scalp (portée supérieure à 250 km), une demi-heure environ après la frégate.

Tous les tirs français se sont concentrés sur deux sites dans la région de Homs, l'un dédié au stockage et l'autre à la production d'armes chimiques, assure-t-on au ministère français des Armées.

La France n'a pas participé aux frappes lancées dans la nuit contre une troisième cible près de Damas - un centre de recherche qualifié par Paris d'"élément-clé du programme clandestin" d'armement chimique syrien.


L'Union européenne "se tiendra aux côtés de ses alliés"

Le président du Conseil européen Donald Tusk a affirmé samedi que l'UE "se tiendra aux côtés de ses alliés du côté de la justice" après les frappes occidentales contre la Syrie. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker souligne lui que la Syrie a "désespérément besoin" d'un cessez-le-feu durable "respecté par toutes les parties". "Les frappes des Etats-Unis, de la France et du Royaume-Uni montrent clairement que le régime syrien, avec la Russie et l'Iran, ne peut continuer cette tragédie humaine, du moins, non sans coût", a estimé le Polonais Donald Tusk dans un tweet.

La Commission européenne rappelle également que l'usage d'armes chimiques est "inacceptable en toutes circonstances" et qu'il doit être condamné "avec la plus grande fermeté". "La communauté internationale a la responsabilité d'identifier et de réclamer des comptes aux responsables de toute attaque au moyen d'armes chimiques", poursuit son président Jean-Claude Juncker. "Ce n'était pas la première fois que le régime syrien utilisait des armes chimiques contre des civils, mais ça doit être la dernière."

La Commission plaide pour un cessez-le-feu durable "respecté par toutes les parties" et la négociation politique d'une solution grâce au processus de Genève, sous l'égide de l'Onu.

La représentante pour la diplomatie de l'UE, l'Italienne Federica Mogherini, a elle appelé "tous les pays, et notamment la Russie et l'Iran, d'user de leur influence pour empêcher tout nouvel usage d'armes chimiques, notamment par le régime syrien". "La deuxième conférence de Bruxelles sur la Syrie organisée les 24 et 25 avril 2018, co-présidée par l'UE et l'ONU, sera l'occasion pour l'ensemble de la communauté internationale de relancer son soutien au processus politique et faire de nouvelles promesses pour aider les principales victimes de ce conflit, c'est-à-dire le peuple syrien qui se trouve en Syrie et à l'extérieur de ce pays", a-t-elle ajouté dans un communiqué.