International

L'âge pour toucher la retraite d'État au Royaume-Uni devrait passer à 69 ans vers la fin des années 2040 contre 65 actuellement, a annoncé mercredi le ministre des Finances, George Osborne. "C'est une des décisions difficiles que doit prendre un gouvernement s'il veut sérieusement contrôler les dépenses publiques", a-t-il déclaré à l'occasion de son traditionnel discours d'automne sur l'économie et le budget.

L'âge de la retraite, qui progresse en fonction de l'espérance de vie, sera dans un premier temps relevé à 68 ans au milieu des années 2030, une accélération par rapport à l'objectif initial de 2046, a indiqué le Chancelier de l'Echiquier. 

Ces mesures, qui s'ajoutent à une précédente réforme des retraites annoncée en 2011, devraient permettre d'économiser 500 milliards de livres (un peu plus de 600 milliards d'euros) au total, selon le ministre. Le calendrier exact de cette réforme des retraites doit encore être précisé, en prenant notamment en compte les futures estimations d'espérance de vie.

La retraite d'Etat britannique, très faible, ne dépasse pas les 475 livres par mois (570 euros) et de nombreux salariés cotisent donc aussi à un fonds de pension. Elle doit être relevée de 2,95 livres par semaine à partir d'avril prochain, a indiqué M. Osborne.

Une révision à la hausse des prévisions de croissance

Le ministre britannique des Finances, George Osborne, a également annoncé une révision en forte hausse des prévisions de croissance et une amélioration des prévisions de déficit et de dette. La croissance devrait s'inscrire à 1,4% cette année, contre 0,6% prévu lors du budget en mars, et à 2,4% en 2014 contre 1,8%, a déclaré le chancelier de l'Echiquier devant la Chambre des communes. En 2015 et 2016, elle devrait s'élever à 2,2% et 2,6%.

Tirée par l'activisme de la Banque d'Angleterre, qui a injecté des liquidités massives dans le système financier, et un redémarrage sur les chapeaux de roues de la consommation et du marché immobilier, l'économie britannique a rebondi de manière spectaculaire depuis le début de l'année. Grâce à cette vigoureuse reprise économique, le déficit, attendu à 6,8% cette année, devrait reculer plus vite que prévu et le pays devrait dégager un "petit" excédent budgétaire en 2018/2019, soit un "an plus tôt" que prévu en mars, a ajouté M. Osborne. Le ratio dette/PIB devrait lui commencer à reculer à partir de 2016/2017, également "un an plus tôt" que prévu en mars.

"Le plan économique de la Grande-Bretagne fonctionne" grâce aux "sacrifices du peuple britannique" mais "le travail n'est pas terminé", a clamé M. Osborne. "Oui, le déficit est en baisse mais il est toujours beaucoup trop élevé et nous prenons aujourd'hui de nouvelles décisions difficiles", a martelé le ministre qui a informé les ministères de la nécessité de couper globalement leurs budgets d'un milliard de livres (1,2 milliard d'euros) supplémentaire tous les ans durant trois ans.