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Le ministre britannique du Brexit David Davis a provoqué la stupeur et des appels à sa démission mercredi après avoir reconnu devant des députés que ses services ne disposaient pas "d'étude d'impact" secteur par secteur de la sortie de l'UE. 

Alors qu'il était entendu par la Commission sur le Brexit de la chambre des Communes, M. Davis a tenté de se justifier en affirmant que l'intérêt d'une telle étude était "proche de zéro", étant donné le "changement radical" que provoquera le Brexit, un choc comparable, selon lui, à la crise financière de 2008.

David Davis s'exprimait dans le cadre d'une audition de la commission dont l'ordre du jour visait à éclairer la représentation parlementaire sur les moyens mis en oeuvre par le gouvernement pour jauger les conséquences de la sortie de l'UE.

L'exécutif conservateur avait dans un premier temps évoqué une liste de 58 secteurs économiques sur lesquels il avait dit avoir mesuré l'impact du Brexit, et que la commission souhaitait consulter. Mais le document de 850 pages qui lui a été remis relève davantage d'un constat de la situation actuelle de l'économie, plus que d'une projection.

Face au président de la commission Hilary Benn qui lui demandait si une étude d'impact avait été menée sur l'aéronautique, l'automobile et les services financiers, David Davis s'est fendu d'un "non" laconique.

"Je ne suis pas un partisan des modèles économiques parce qu'ils se sont tous trompés", a-t-il argumenté, assurant néanmoins que l'exécutif mènerait "à un moment donné", lors de la seconde phase de négociations sur le Brexit qui concernera la future relation commerciale avec l'UE, des travaux destinés à évaluer cet impact.

Insuffisant pour calmer la colère de certains députés abasourdis par cette confession.

"Davis est soit grossièrement incompétent, soit il a du mal avec la vérité et traite les députés avec mépris. Quoi qu'il en soit, il devrait être viré", a réagi Caroline Lucas, co-dirigeante des Verts britanniques.

L'ancien leader du Parti libéral-démocrate (centre) Tim Farron a également appelé au départ de David Davis, coupable à ses yeux d'avoir élevé "l'incompétence" au "rang d'art".

"Si le gouvernement n'a pas vraiment pas évalué l'impact sur l'économie de la sortie du marché unique et de l'union douanière, ou l'impact d'une absence d'accord (avec Bruxelles sur les termes du Brexit), c'est un manquement total au devoir", a estimé de son côté la député travailliste Seema Malhotra.