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Le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, a été très prompt à accabler l’Union européenne d’une part de responsabilités dans la catastrophe de Gênes du 14 août. "S’il y a des engagements extérieurs qui nous empêchent de dépenser l’argent que nous devrions mettre pour la sécurité des écoles et des autoroutes, il faudra se poser la question de continuer à respecter ces engagements", a déclaré dès mardi M. Salvini, également leader du parti d’extrême droite eurosceptique La Ligue, en faisant référence aux règles budgétaires que sont tenus de respecter les Etats membres de la zone euro.

"Les investissements qui sauvent des vies, des emplois et le droit à la santé ne doivent pas faire l’objet des calculs rigides et des règles imposées par l’Europe", a ajouté M. Salvini.

Il a été rejoint par le vice-Premier ministre Luigi Di Maio, en charge du Développement économique, du Travail et des Politiques sociales.

L’homme fort du Mouvement 5 Etoiles, partenaire de coalition de La Ligue exige plus de flexibilité dans l’application du Pacte de stabilité et de croissance, dont la Commission veille à l’application.

La Commission a répondu, jeudi, lors de son point presse quotidien, aux critiques italiennes. "Les règles budgétaires laissent une marge de manœuvre aux Etats membres pour fixer des priorités politiques spécifiques, par exemple le développement et l’entretien des infrastructures", a défendu Christian Spahr, un des porte-parole de l’institution. Celui-ci a encore rappelé que l’Italie était l’un des principaux bénéficiaires de la flexibilité de l’application du Pacte de stabilité.

"L’UE ne bloque pas les investissements"

L’Union, insiste encore la Commission, a recommandé à l’Italie, dans le cadre du semestre européen, d’investir dans les infrastructures. Par ailleurs, a encore souligné M. Spahr, la directive de 2008 sur la sécurité routière "place la sécurité au cœur du processus de planification, de conception et de construction d’infrastructures routières, particulièrement pour les réseaux transeuropéens", dont l’autoroute A10, sur laquelle se trouvait le viaduc génois, fait partie.

Le respect de la procédure de sécurité incombe aux autorités nationales, et au concessionnaire privé dans ce cas précis, a précisé M. Spahr.

Enfin, la Commission a rappelé qu’en avril 2018, elle avait validé la conformité d’un plan d’investissement italien en faveur des autoroutes avec les règles européennes en matière d’aide d’Etat, ouvrant la voie à des investissements d’environ 8,5 milliards d’euros y compris dans la région de Gênes.

Par ailleurs, au terme du budget européen 2014-2020, Rome aura reçu quelque 2,5 milliards d’euros pour investir dans les infrastructures routières et ferroviaires.