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Le candidat du PS et celui de La France insoumise jouaient très gros ce week-end. L'un et l'autre ont réussi leur démonstration de force parisienne. Ils sont désormais au coude-à-coude dans les sondages.

Enfin ! Voilà sans doute ce qu’ont pensé les soutiens de Benoît Hamon en écoutant son discours de dimanche après-midi, à l’Accor Hôtel Arena de Paris-Bercy. Depuis un mois, le candidat du Parti socialiste semblait emprunté, ne sachant que faire de sa victoire imprévue à la primaire de la gauche, fin janvier. Ce dimanche, Hamon avait enfin trouvé le ton juste, et la bonne distance. Sur la forme d’abord : la voix plus grave qu’à l’accoutumée, évitant autant que possible les petites blagues dont il aime habituellement parsemer ses interventions, le candidat a semblé endosser enfin le costume de candidat à la magistrature suprême. Son hommage inattendu aux victimes du terrorisme - pour lesquelles il a demandé une minute de silence - aurait pu paraître un peu forcé : il a finalement sonné juste.

Sur le fond, le député des Yvelines a su mobiliser son camp grâce à un jeu d’allers-retours entre l’histoire de la gauche, et ce "futur désirable" qu’il a dessiné à grands traits. Devant les quelque 15 000 personnes présentes, le candidat en a appelé aux mannes de Jaurès et de Blum, de Mendès-France et de Mitterrand. Plus près de nous, il a rendu hommage à ses mentors, Michel Rocard, Lionel Jospin et Martine Aubry.

Electorat en déshérence

Les grands combats et les victoires de la gauche ont également été convoqués, de 1789 à mai 81 en passant par mai 68. Au passage, Hamon a rappelé la lutte toujours recommencée de son camp contre "les forces de l’argent", qui, plus que jamais, estime-t-il, menacent de mettre la démocratie en coupe réglée. Ses principaux concurrents étaient ici dans sa ligne de mire, le Brestois récusant un choix entre le chantre du "Enrichissez-vous !" - Emmanuel Macron était ciblé - et les candidats du "Enrichissez-nous !" - et chacun aura compris que ce sont François Fillon et Marine Le Pen, englués dans les affaires, qui étaient dans son viseur.

En fait, le discours de M. Hamon avait surtout pour but de souder et de rendre ses repères à un électorat en déshérence, écartelé entre d’un côté le progressisme d’Emmanuel Macron et, de l’autre, la radicalité de Mélenchon.