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Le gouverneur de la Caroline du Nord, Roy Cooper, a déclaré l'état d'urgence afin de permettre au pétrole d'être approvisionné plus facilement dans l'Etat alors que l'ouragan Harvey a causé des problèmes de livraison.

L'état d'urgence "exempte temporairement certaines législations applicables aux véhicules motorisés pour ceux qui transportent du carburant", comme l'essence et le pétrole, indique la déclaration.

Une exemption est aussi accordée pour les heures maximales de roulage autorisées pour les chauffeurs.

En raison des dégâts causés par l'ouragan Harvey, des raffineries au Texas et en Louisiane ont dû cesser leurs activités.

Soutien du Mexique

Le Mexique a exprimé ses condoléances aux Etats-Unis pour les victimes de la tempête Harvey et réitéré son offre d'aide tandis que le président américain Donald Trump allait de l'avant dans son projet de mur frontalier. Le président mexicain Enrique Peña Nieto "exprime ses condoléances au peuple des Etats-Unis et aux familles des victimes" après le passage de la tempête Harvey, selon un communiqué jeudi du ministère des Affaires étrangères.

Le communiqué souligne que trois Mexicains ont été tués dans la tempête et plusieurs autres ont disparu. Selon un dernier bilan américain, l'ouragan Harvey, qui a frappé vendredi le Texas frontalier du Mexique et provoqué des inondations sans précédent, est responsable directement ou indirectement de la mort d'au moins 38 personnes au total.


Les évacuations se poursuivent malgré une lente décrue des eaux

Opérations de secours et évacuations se poursuivaient jeudi au Texas où une accalmie dans les précipitations et un début de décrue des eaux révélaient l'ampleur des dégâts causés par la tempête tropicale Harvey.

Dans le comté texan d'Orange, à la frontière de la Louisiane, la Garde Nationale continuait d'évacuer des personnes coincées sur des routes encore inondées.

Orange fait toujours l'objet d'ordres d'évacuation, parfois défiés par les habitants comme Lonnie et Missy Givens qui ont refusé de quitter leur maison, malgré le ballet des hélicoptères et des bateaux autour d'eux.

"Je n'ai jamais vu une tempête comme ça", racontait Missy jeudi, en constatant l'étendue des dégâts.

A quelques rues de chez elle, où l'eau est montée à près d'un mètre, les traces du passage de Harvey restent bien visibles: arbres déracinés, pylônes électriques arrachés...

A moins d'un kilomètre de là, une équipe de sauveteurs en bateau continuait ses opérations. En deux jours, ces volontaires pensent avoir sauvé des eaux entre 100 et 250 personnes.

"Beaucoup d'entre eux pensaient que personne n'allait venir les chercher", a confié à l'AFP l'une de ses volontaires, Heather Lisotta, une femme au foyer de 28 ans.

Porte-à-porte... en canot

Dans le sillage d'Harvey, la décrue révélait l'ampleur des dégâts matériels qui pourraient atteindre entre 30 et 100 milliards de dollars: maisons immergées jusqu'au toit, caravanes couchées sur le flanc et également noyées, navires de plaisance renversés, entrepôts démolis et aux stocks disséminés sur des kilomètres...

Selon la Maison Blanche, 100.000 foyers ont ainsi été touchés par la catastrophe.

Les accalmies dans les précipitations ont permis d'accélérer les hélitreuillages des victimes, souvent à bout de forces et transies par l'humidité, obligées de tout abandonner sauf parfois leur animal domestique.

Un hôpital dans le sud-est du Texas, dans la ville de Beaumont, a ainsi été le théâtre jeudi d'un ballet d'hélicoptères auxquels se sont joints les Black Hawks de l'armée pour prendre en charge les plus fragiles des quelque 200 patients de l'établissement, les autres étant évacués par voie terrestre.

L'eau potable a été coupée dans la ville en raison de la défaillance du système de pompage et de nombreuses routes sont encore coupées ont constaté des journalistes de l'AFP.

Dans toutes les zones inondées du Texas et de la Louisiane, pompiers et policiers procédaient en parallèle à un harassant porte-à-porte à la recherche de personnes oubliées.

Les secouristes craignaient de découvrir de nouveaux morts, au nombre d'une quarantaine, selon les derniers bilans provisoires.

Risque chimique

Au fléau des inondations s'est ajouté la peur d'une pollution chimique, après un incendie accidentel dans une usine texane qui libérait un panache de fumée irritante mais pour l'instant sans concentration toxique.

Ces produits instables et très inflammables se consumaient dans un site industriel opéré par le groupe français Arkema, autour duquel a été mis en place un périmètre d'évacuation de trois kilomètres. Huit containers menaçaient encore jeudi soir de s'enflammer.

Inondée et privée d'électricité donc de capacité de réfrigération de ses matériaux hautement inflammables, l'usine d'Arkema fabrique des peroxydes organiques, un composé entrant dans la fabrication de plastiques.

Le feu n'a pas généré "une concentration inquiétante de matériaux toxiques à l'heure actuelle", a affirmé l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA).

Avec son épouse Loyce, Lane Averett a dû abandonner sa maison située dans la zone à évacuer, pour s'installer dans un abri géré par une église de Crosby. Il a laissé ses animaux: un chien, trois chats et un petit veau.

"Ils ont besoin de boire et d'être nourris aujourd'hui", s'inquiétait-il. "Ils parlent (de nous garder ici) aussi longtemps que sept jours. Le veau sera mort d'ici-là, les bovins ne peuvent survivre après 72 heures sans eau".

Le vice-président en prière

Le vice-président Mike Pence s'est rendu à la rencontre de victimes des inondations, dans la bourgade côtière de Rockport, entrant directement en contact avec les habitants, ce que le président Donald Trump n'avait pas fait lors de sa visite mardi.


"Le peuple américain est avec vous. Nous sommes ici aujourd'hui. Nous serons ici demain. Et nous serons ici chaque jour jusqu'à ce que cette ville, cet Etat et cette région soient reconstruits (...) mieux que jamais", a déclaré le vice-président.

Sa femme Karen a ensuite animé une prière, les résidents entonnant "Dieu bénit l'Amérique", puis M. Pence a enfilé des gants pour aider symboliquement des bénévoles à nettoyer des débris.

De son côté, la Maison Blanche a demandé jeudi au Congrès de débloquer des fonds d'urgence. Le président Trump a lui promis de faire un don personnel d'un million de dollars. Il doit revenir au Texas samedi.