International Pour le professeur de l’ULg, il est illusoire d’espérer vaincre Daech par les seuls moyens militaires. Entretien.

Hassan Bousetta est politologue, professeur à l’Université de Liège, spécialiste du monde arabe et des migrations. Il a aussi été, de 2010 à 2014, sénateur PS.


Les manifestations de compassion avec les victimes des attentats présentent-elles, à vos yeux, une utilité ?

Oui, pour peu qu’on comprenne que ce n’est pas une civilisation contre une autre. Le clash, il traverse aussi le Sud. Tous les démocrates sont attaqués. Je suis allé à Tunis rendre hommage aux victimes du musée Bardo. J’ai logé à l’hôtel Farah de Casablanca, frappé par un attentat en 2003. Quand on pourra célébrer le "nous" avec toutes les victimes de Beyrouth et des pays arabes, on aura fait un grand pas.

Comment enrayer la progression du djihadisme ?

Ce dont je suis certain, c’est que l’idée qu’on va aller mener une guerre et qu’on va la gagner par des bombardements est absolument naïve. C’est méconnaître la complexité du Moyen-Orient de croire qu’on peut, comme sur un tableau blanc, effacer Daech…

Pour vous, la France, la Russie, la Belgique font fausse route en formant une coalition qui bombarde Daech ?

La Belgique, certainement ! Le rôle de notre pays, c’est d’aider à une solution diplomatique. Quoi qu’on pense, la solution viendra du dialogue politique. C’est là que nous, les Belges, devons mettre toute notre énergie.

(...)