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Le référendum qui s'est tenu en Catalogne début octobre a montré à quel point l'Espagne était divisée. C'est également le cas de ses forces de police, alors que la police espagnole a été très critiquée après les violences policières qui avaient fait 897 blessés le 1er octobre 2017.

La police catalane (Mossos) a quant à elle été montrée du doigt par Madrid pour avoir autorisé la tenue du référendum ou, en tout cas, avoir mis du temps à intervenir dans le but d'empêcher un scrutin que l'Etat espagnol considérait comme illégal.

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Le chef des Mossos poursuivi pour "sédition"

Trois jours après le référendum, la justice espagnole a convoqué Josep Lluis Trapero, le chef des Mossos d'Esquadra, dans le cadre d'une enquête "pour sédition" pour des faits survenus le 20 septembre, lorsque l'arrestation de 14 hauts responsables de l'exécutif séparatiste catalan avait provoqué d'importantes manifestations contre la Garde civile à Barcelone. Selon l'article 544 du code pénal, la sédition consiste à empêcher par la force, ou illégalement, l'application de lois ou de décisions judiciaires. Un crime passible de quinze ans de prison.

La Guardia Civil, force de police militaire étatique, a également enquêté dans un commissariat de Lleida pour exiger les conversations téléphoniques des Mossos mais également une copie de leurs communications internes via leur radio ou encore leurs mails.

"La police catalane est dans une position délicate. On se trouve au milieu d'une tempête politique. Nous ne sommes pas des politiciens, nous sommes des policiers. C'est clair que des tensions ont été créées on ne peut pas le nier. C'est clair que la police espagnole voit les choses différemment mais la façon dont la police catalane a agi n'a pas été clairement été expliquée", a témoigné à la BBC le porte-parole des Mossos, Albert Oliva.


L'Etat espagnol souhaite prendre le contrôle des Mossos

Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy a annoncé samedi qu'il allait demander au Sénat la mise en oeuvre de l'article 155 de la constitution, encore jamais utilisé, afin de destituer le gouvernement catalan de Carles Puigdemont et convoquer de nouvelles élections régionales.

Cela permettrait à Madrid de prendre le contrôle total des 16.000 Mossos qui sont pour le moment sous l'autorité de la Generalitat, l'organisation politique de la communauté autonome de Catalogne. Tout a été prévu, selon le quotidien El Pais. Ce serait le ministère de l'Intérieur espagnol qui dirigerait les Mossos. Josep Lluís Trapero serait quant à lui destitué et remplacé par son numéro 2. Ce ne sera peut-être pas si simple quand on voit les applaudissements reçus par Trapero de la part de ses collègues lors de son retour à Barcelone.

Les autorités catalanes ne l'entendent d'ailleurs pas de cette oreille puisqu'elles ont affirmé qu'elles ne suivraient pas les ordres de Madrid. "Imposer un gouvernement qui n'a pas été choisi par les citoyens est incompatible avec l'Etat de droit", a dénoncé Carles Puigdemont.