Hillary Clinton candidate à la présidentielle américaine
Elle est à ce stade la seule candidate officielle aux primaires démocrates, et domine les sondages.
- Publié le 12-04-2015 à 21h00
- Mis à jour le 13-04-2015 à 14h05

La démocrate Hillary Clinton a officialisé dimanche dans une vidéo diffusée sur le site hillaryclinton.com sa candidature à l'investiture présidentielle de 2016, sa deuxième tentative pour devenir la première femme à diriger les Etats-Unis. "Je suis candidate à la présidence", déclare Hillary Clinton, ancienne Première dame, sénatrice et secrétaire d'Etat, confirmant une candidature attendue depuis plusieurs mois. A 67 ans, elle est à ce stade la seule candidate officielle aux primaires démocrates, et domine les sondages du parti.
"Les Américains de tous les jours ont besoin d'une championne. Je veux être cette championne", affirme Hillary Clinton dans sa première vidéo de campagne. "Je pars sur le terrain pour gagner votre voix".

Les primaires débuteront début 2016 dans l'Iowa et le New Hampshire. La présidentielle aura lieu en novembre 2016. Elle a noué une alliance avec Barack Obama, son ancien adversaire de 2008 devenu son "ami", qui a estimé samedi qu'elle ferait "une excellente présidente".
Face à Hillary Clinton, de nombreux républicains se disputeront l'investiture. Deux se sont déclarés, les sénateurs du Tea Party Ted Cruz et Rand Paul , tandis que leur collègue Marco Rubio, d'origine cubaine, pourrait le faire lundi lors d'un discours à Miami.
Le mieux placé s'appelle Jeb Bush , autre héritier d'une dynastie politique américaine. L'ex-gouverneur de Floride n'a pas franchi le pas d'une candidature officielle, mais ses intentions sont limpides. Peu avant l'annonce d'Hillary Clinton, il a diffusé sur Twitter une vidéo où il a promis des propositions "dans les prochaines semaines et prochains mois". "Nous devons faire mieux que la politique étrangère d'Obama et Clinton, qui a affaibli les relations avec nos alliés et enhardi nos ennemis", y déclare Jeb Bush, 62 ans. Il est le frère et le fils des anciens présidents George W. Bush et George H. W. Bush.
Hillary Clinton a quitté la Fondation Clinton
La nouvelle candidate à la présidentielle américaine, Hillary Clinton, a quitté dimanche le conseil d'administration de la fondation fondée par son mari Bill, selon Politico, dans un contexte de critiques sur d'éventuels conflits d'intérêts. "Bien que j'aie chéri le temps passé au conseil d'administration et dans le travail quotidien à la Fondation, afin de me consacrer à cette nouvelle aventure, j'ai démissionné du conseil d'administration, à compter d'aujourd'hui", a écrit Hillary Clinton dans un message interne obtenu par le site Politico, peu après avoir annoncé sur internet sa candidature à l'investiture démocrate, pour la présidentielle de novembre 2016.
La Fondation Bill, Hillary et Chelsea Clinton compte parmi les plus importantes fondations caritatives du monde, avec près de deux milliards de dollars levés depuis sa création en 2001.
Après avoir quitté le département d'Etat en 2013, Hillary Clinton avait rejoint la fondation et lancé plusieurs projets, dont le projet "No Ceilings" (pas de plafond), focalisé sur la participation des femmes et des filles dans la société et l'économie, notamment dans les pays en développement.
Mais le volume des dons étrangers, particulièrement de la part d'Etats, a suscité des questions sur les desseins véritables des donateurs, soupçonnés de vouloir influencer l'un des couples politiques les plus puissants des Etats-Unis.
La Fondation Clinton avait indiqué en février qu'elle pourrait réactiver l'arrangement qui avait été négocié entre l'administration Obama et la fondation en 2009 afin d'éviter tout conflit d'intérêt. Selon les termes de l'accord, l'administration aurait un droit de regard sur certains dons d'Etats étrangers.
Hillary Clinton ou la rage de vaincre
Elle est la femme la plus admirée, la plus connue, la plus humiliée, la plus critiquée de l'histoire des Etats-Unis mais, à 67 ans, Hillary Clinton, candidate pour la deuxième fois à la Maison Blanche, entend encore séduire les Américains.
Qu'ignore-t-on encore de la vie d'Hillary et Bill Clinton? Leurs revenus ou leur patrimoine de 1977 à 2012 sont dans le domaine public. Les confidences consignées par la meilleure amie d'Hillary, feue Diane Blair, sont consultables à l'Université de l'Arkansas. Les républicains ont exploré chaque recoin de son passé.
Les infidélités de Bill? Recensées en détails explicites. Hillary a elle-même raconté sa rage contre son menteur de mari après le scandale Monica Lewinsky, la tentation du divorce, les séances de thérapie de couple.
Déjà, en janvier 1993, le magazine People promettait à ses lecteurs, en Une, "la vraie femme Hillary Clinton". Vingt-deux ans plus tard, Hillary n'a pas quitté l'oeil du public, toujours aussi diabolisée par ses ennemis.
Hillary Diane Rodham est née le 26 octobre 1947 et a grandi dans une banlieue de Chicago (nord des Etats-Unis), Park Ridge, dans une famille de la classe moyenne.
Elle adore sa mère Dorothy; le père, Hugh Rodham, d'origine galloise, est têtu, dur. Mais il lui transmet son éthique du travail, et la crainte permanente de manquer: à ce jour, elle remet les olives dans le bocal par horreur du gâchis, une anecdote trouvée dans son épaisse autobiographie, "Mon histoire", publiée en 2003.
C'est aussi de lui qu'elle hérite brièvement ses convictions républicaines à l'adolescence, et son rire tonitruant. La famille est méthodiste, et Hillary Clinton reste très attachée à son Eglise.
Dès 13 ans, elle travaille et enchaîne les petits boulots pour financer ses études.
Intelligente, ambitieuse, Hillary Clinton est admise en 1965 dans une université pour jeunes femmes, Wellesley College, non loin d'Harvard. Dans le tumulte sociétal des années 60, les quatre années universitaires ouvrent ses yeux sur la lutte pour les droits civiques, la guerre du Vietnam, l'égalité hommes-femmes...
Elle est élue présidente de sa promotion. Suit l'entrée en 1969 à la prestigieuse école de droit de Yale, préférée à Harvard, et la rencontre avec Bill Clinton, son "Viking venu d'Arkansas".
Après un passage par Washington en 1974, embauchée par la commission d'enquête sur le scandale du Watergate, elle rejoint Bill Clinton en Arkansas (sud), où il est bientôt élu gouverneur et où Hillary Rodham intègre un grand cabinet d'avocats.
Hillary Rodham finit par abandonner, sous pression, son nom de jeune fille et devient Hillary Clinton, Première dame d'Arkansas puis des Etats-Unis après l'élection triomphale de Bill en 1992.
Son style tranche avec celui de ses prédécesseures: elle joue un rôle politique, symbolisé par son bureau dans l'aile ouest de la Maison Blanche. Ses relations avec les parlementaires et la presse sont infernales. Des républicains la traitent de "féministe radicale".
Elle connaît surtout l'humiliation lors de l'affaire Monica Lewinsky, en 1998. Mais jamais sa cote de popularité n'aura été aussi élevée, ni avant, ni après, avec 67% d'opinions favorables, selon l'institut Gallup en décembre 1998.
Pressée par ses amis, la Première dame se lance en politique et est élue en novembre 2000 sénatrice de l'Etat de New York. Elle passe son tour à la présidentielle de 2004 mais, aux primaires suivantes, le sénateur Barack Obama lui reproche inlassablement son vote pour la guerre d'Irak.
Hillary Clinton avait fait de son expérience un slogan, refusant de faire campagne sur son sexe; les Américains lui ont préféré un quadragénaire néophyte incarnant le changement mieux que quiconque.
Coup de théâtre, elle devient secrétaire d'Etat de Barack Obama pendant son premier mandat. Sans réels succès à son actif, critiquent ses détracteurs. Mais les quatre années cimentent son image de femme d'Etat.
En 2007, le journaliste Carl Bernstein, auteur d'une biographie de référence, concluait que le trait de caractère dominant d'Hillary Clinton était sa "passion", révélée tant par son "enthousiasme, son humour, son caractère orageux et sa force intérieure" que ses "pouvoirs létaux (presque) de vengeance".
L'image machiavélique, entretenue par ses nombreux ennemis, lui colle à la peau, surtout aux yeux des électeurs qui se souviennent des années 90: seuls les électeurs nés après 1980 la trouvent en majorité "honnête et digne de confiance", selon un sondage CNN. Les républicains continuent de la décrire comme vivant dans une bulle.
Pas forcément à tort: l'an dernier, elle a affirmé qu'elle et son mari étaient "fauchés" en quittant la Maison Blanche. Et elle a reconnu elle-même n'avoir pas conduit de voiture depuis 1996.
