Hillary Clinton, cette femme de haut vol

Par Philippe Paquet Publié le - Mis à jour le

International

On reproche volontiers aux responsables politiques américains de méconnaître le monde qu’ils prétendent pourtant gouverner, et non sans raison puisqu’il n’y a pas si longtemps, la moitié au moins des membres du tout-puissant Congrès, à Washington, n’avaient pas de passeport. On ne saurait adresser pareille critique à Hillary Clinton.

La secrétaire d’Etat, qui est entrée en fonction en janvier 2009, après l’élection de Barack Obama, vient en effet de battre discrètement tous les records : en visite à Riga, le 28 juin dernier, elle inscrivait, avec la Lettonie, un centième pays au catalogue des destinations de ses voyages officiels. Actuellement en tournée en Asie, Mme Clinton a encore allongé la liste en s’arrêtant en Mongolie et au Laos, initiatives au demeurant sans précédent pour un chef de la diplomatie américaine.

Aucun des soixante-six prédécesseurs de Mme Clinton à la direction du ministère américain des Affaires étrangères, de Thomas Jefferson à Condoleezza Rice, n’a fait mieux. Il est vrai que les secrétaires d’Etat n’ont commencé à se rendre à l’étranger qu’en 1866, et encore pas bien loin : William Henry Seward, vingt-quatrième titulaire du poste, fit alors un saut de puce aux îles Vierges, à l’époque une colonie danoise.

Le département d’Etat se plaît, sur son site Internet, à comptabiliser les exploits de sa patronne. Au 28 juin, les déplacements d’Hillary Clinton totalisaient 816 839 miles (soit : 1 314 574 km), parcourus moyennant 1 776 heures de voyage (soit 74 jours à planer au septième ciel à bord d’un Boeing 757 spécialement aménagé). La secrétaire d’Etat a passé 339 jours loin de chez elle (et de Bill), forgeant ici des alliances ou des partenariats, s’efforçant là de réconcilier des ennemis irréductibles, saluant ici et là des soldats américains, des investisseurs, des évangélistes, etc.

Au gré de ses pérégrinations, Mme Clinton a découvert des endroits dont elle n’avait à coup sûr jamais entendu parler. Elle était, le 3 novembre 2010, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, et elle a fait un nombre incalculable d’escales techniques à Shannon, en Irlande. Elle est venue aussi cinq fois en Belgique, ce qui n’est toutefois pas un record (la palme revient à George Shultz qui, entre 1982 et 1988, ne fit pas moins de dix-sept passages par Bruxelles).

L’exotisme de notre plat pays n’explique en rien cet engouement. C’est bien entendu dans la présence du siège de l’Otan que réside l’explication. Avant sa création, un seul secrétaire d’Etat séjourna en Belgique : Charles Evans Hughes, qui vint recevoir, en 1924, des doctorats honoris causa des universités de Bruxelles et Louvain.

Publicité clickBoxBanner