International

Parce qu’on y a peu construit en pierres et que les termites mangent les bâtiments de bois tandis que la pluie dissout ceux de pisé, mille fois remodelés au cours des siècles; parce que ses civilisations n’ont pas toutes pratiqué l’écriture; parce que notre science de l’histoire préfère se reposer sur des documents que sur des récits oraux transmis de génération en génération, nous connaissons peu l’histoire précoloniale de l’Afrique.

Le Moyen-Âge africain est pourtant souvent celui des siècles d’or d’empires et royaumes parfois si prospères qu’un de leurs souverains, le sultan Mûsâ, empereur du Mali, en un passage par l’Egypte, en route pour le pèlerinage à La Mecque, y fit chuter pour plusieurs années le cours de l’or.

Par touches séparées, ciselées d’une belle écriture, François-Xavier Fauvelle-Aymar place sous nos yeux quelques pièces du puzzle géant, ouvertures subreptices sur un monde riche et coloré dont il nous manque encore l’essentiel mais vers lequel ces coups de flash nous attirent irrésistiblement.

D’un fragment de lettre, d’une sculpture, d’un récit, d’une ébauche de carte géographique ou d’un vestige de fresque, l’historien, directeur de recherches au CNRS français, tire des pans d’Histoire qu’il déploie pour nous émerveiller ou nous inciter à la prudence face à un mythe.

De ces brefs récits, on ne peut que s’émerveiller, avec l’auteur, du "pouvoir d’interconnexion du monde islamique au Moyen-Âge". "Si l’Islam a pu effectuer le branchement de la Chine et de l’Afrique orientale, comme il l’a fait de l’Europe et du Sahel, c’est en réalisant un vaste système commercial, moins unifié par la langue et la religion que par le droit et le système monétaire."

"Le rhinocéros d’or - Histoires du Moyen-Âge africain", par François-Xavier Fauvelle-Aymar, Ed. Alma, 317 pp, 26 euros.