Hollande répète: les plus riches paieront plus

B.DL., à Paris Publié le - Mis à jour le

International

J e pense qu’il aurait dû bien mesurer ce que signifie demander une autre nationalité. Parce que nous sommes fiers d’être Français." Ainsi François Hollande a-t-il commenté la démarche belge du grand patron de LVMH, dimanche, lors de son interview télévisée de rentrée, au 20 Heures de TF1. "Il faut appeler au patriotisme, dans cette période : quand on demande un effort, quand on demande un redressement, ce que je fais, chacun doit y prendre sa part."

L’hôte de l’Elysée a justifié ses projets de réforme fiscale. Et a confirmé qu’il entendait bel et bien soumettre les Français les plus fortunés à une surtaxation de 75 %, à partir du million d’euros gagné. Ces derniers jours, la majorité socialiste avait donné une certaine impression de flottement, sur ce sujet. Car des échos, localisés comme provenant du ministère des Finances, avaient évoqué des allégements possibles de cette taxation envisagée, qui auraient réduit considérablement le nombre de contribuables soumis à cette surtaxation. "De la désinformation", avaient dénoncé des conseillers de l’Elysée. "J’ai pris des engagements, et ils seront tenus", avait corrigé, dès vendredi, le chef de l’Etat : "Il est normal que ce soient les hauts revenus qui contribuent davantage."

"Je ne veux pas être comme le bouchon au fil de l’eau : changer, passer d’un état à un autre. Il faut de la constance", ajouta-t-il samedi, dans des "confidences" au "Monde". Le lendemain, François Hollande a écarté toute idée d’allégement de cette "contribution exceptionnelle". "Il est très important qu’elle soit là", a-t-il insisté : "Ceux qui ont le plus peuvent montrer qu’ils sont patriotes."

Avant sa prestation télévisée, le Président avait sans doute pris connaissance des résultats de deux sondages publiés dimanche, selon lesquels de 52 % à 58 % des Français jugent qu’il ne tient ou ne tiendra pas ses engagements électoraux. Sur le plan fiscal, en tout cas, voilà ces Français fixés.

A en croire un troisième sondage, le même jour, 64 % des Français sont prêts à faire des efforts pour participer au redressement des comptes publics. Ils seront servis. Dimanche, en effet, François Hollande a confirmé que l’effort d’assainissement budgétaire à venir serait "le plus important jamais fait dans l’histoire de la Vè République" : trente milliards d’euros seront à trouver, dont dix proviendront de prélèvements supplémentaires imposés aux ménages.

Publicité clickBoxBanner