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Fort de son bilan économique et sécuritaire, Juan Orlando Hernandez, avocat de 49 ans, a été réélu dimanche à la tête du Honduras, entouré de polémiques et d'accusations de fraude par ses adversaires.

Exécutif, législatif et judiciaire: au terme de son premier mandat (2014-2018), celui que l'on surnomme "JOH", en référence à ses initiales, et sa formation, le Parti National (droite, au pouvoir), concentreraient tous les pouvoirs, assurent ses opposants.

La Constitution interdisant la réélection, c'est en s'appuyant sur une décision controversée de la Cour suprême qu'il a pu se présenter à nouveau.

A contrario de son adversaire, le journaliste star de la télévision Salvador Nasralla, novice en politique, M. Hernandez a mis en avant son expérience d'homme d'Etat et ses résultats.

Physique athlétique, cheveux poivre et sel et large sourire, il promeut depuis des années une stratégie de fermeté face à la violence des Maras, ces gangs qui minent le "triangle de la mort" de l'Amérique centrale.

Pour combattre ce fléau, Juan Orlando Hernandez a notamment créé une police militaire financée par un nouvel impôt et construit des prisons pour des membres de ces bandes qui, auparavant, commanditaient des assassinats depuis des lieux d'incarcération obsolètes.

Ecole militaire 

Le pays pâtit d'un taux d'homicide parmi les plus forts au monde -hors conflit-, mais en forte baisse, selon la Banque mondiale: 63,8 homicides pour 100.000 habitants en 2015, après avoir culminé à 93,2 en 2011. Le gouvernement espère tomber à 45 cette année.

Député lors du coup d'Etat militaire de juin 2009, JOH avait soutenu les putschistes contre l'ancien président déchu Manuel Zelaya. Il est arrivé au pouvoir en 2013 après une élection contestée par la gauche.

Né le 28 octobre 1968 dans une famille rurale de la classe moyenne du département de Lempira (ouest), il y a détenu des entreprises agricoles, un hôtel, une radio et une chaîne de télévision.

Ancien élève du Lycée militaire du Nord de San Pedro Sula, le jeune Hernandez a obtenu le grade de sous-lieutenant d'infanterie.

Diplômé en droit de l'université nationale de Tegucigalpa, M. Hernandez a suivi par la suite à New York un cursus d'administration publique en 1994-1995.

Son entrée en politique date de 1990. Il est alors assistant de son frère Marco Augusto, au secrétariat du Congrès. Il est député depuis 1998.

Il dirige en 2009 la campagne du futur vainqueur de la présidentielle, Porfirio Lobo, qui le nomme président du Congrès.

En 2012, dans un contexte de forte polémique, "JOH" obtient également la destitution de quatre des cinq membres du Conseil constitutionnel qui s'étaient opposés à l'un de ses projets.

M. Hernandez, père de quatre enfants, est marié à l'avocate Ana Garcia.