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Hongrie: l'Etat social annihilé

Le gouvernement hongrois s'emploie à détricoter le peu qu'il reste de l'État social. Il entend façonner la "société du travail" prônée par le Premier ministre conservateur Viktor Orban (photo). Témoignages et analyse.

Corentin Léotard, correspondant en Hongrie
Hongrie: l'Etat social annihilé
©AFP

Szentendre (Saint-André) est connue en Hongrie pour sa communauté d'artistes, pour ses ruelles pittoresques et pour sa forte communauté de Serbes arrivés au XVIIIe siècle. C'est aussi ici, au bord du Danube, à 20 km en amont de Budapest, que se trouve l'agence de l'emploi du département de Pest.

Zsofi, de call center en call center

Zsofi, 30 ans, vient y effectuer les démarches administratives pour obtenir une allocation de chômage. Comme beaucoup de jeunes diplômés, elle enchaîne les petits jobs dans les centres d'appel de multinationales à Budapest, comme IBM ou Lexmark. "Avant, j'étais prof dans un collège, mais j'étais beaucoup trop mal payée pour vivre correctement. Dans ces entreprises, je gagne deux fois plus", raconte-t-elle. Ces grandes sociétés étrangères proposent effectivement des rémunérations bien supérieures au salaire minimum de 220 euros nets par mois, autour de 700 euros. C'est assez pour vivre dans la capitale, bien que le coût de la vie en Hongrie soit aujourd'hui proche des standards de l'Europe de l'Ouest.

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