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Le parquet fédéral déplore le fait que l'identité du kamikaze mort durant l'assaut policier du 18 novembre contre un appartement à Saint-Denis ait circulé dans la presse française jeudi.

Des perquisitions ont été menées au domicile de la famille de Chakib Akrouh à Molenbeek vendredi, mais la probabilité d'y trouver quelque chose d'exploitable était mince à la suite des fuites, selon le parquet. Chakib Akrouh a été identifié sur la base d'images dans le métro parisien le 13 novembre, le montrant en compagnie d'Abdelhamid Abaaoud, et grâce à une comparaison entre l'ADN de sa mère et des échantillons prélevés sur les lieux de l'explosion à Saint-Denis.

"Le parquet de Paris a fait tout pour nous tenir au courant en temps opportun, mais le mal était entre-temps fait", ajoute le parquet.

Les enquêteurs belges auraient pu récolter des informations utiles auprès de l'entourage de Chakib Akrouh, mais les chances sont à présent minces en raison de la divulgation de son identité. "Nous avons rapidement lancé des perquisitions aujourd'hui, mais la probabilité que cela mène à une impasse est grande", conclut le parquet fédéral.

Pas une première 

Ce couac dans la communication entre la Belgique et la France n'est pas la première dans ce dossier. Fin novembre, le parquet fédéral belge annonçait avoir émis un mandat d'arrêt international contre Mohamed Abrini, l'homme qui a conduit Salah Abdeslam à Paris le 11 novembre. "Mohamed Abrini est activement recherché par les services des polices belges et françaises", précisait le parquet fédéral.

Dans la foulée, en France, le procureur en charge de l'enquête évoquait l'existence "d'un Belgo-Marocain" mais ne souhaitait pas en dire davantage sur son identité. François Molins s'en expliquait en ces termes : "Je ne souhaite pas vous donner plus d'informations là-dessus parce que nous avons décerné un mandat. On n'a pas trop parlé de lui pour le moment et on souhaite conserver quelques jours d'avance pour ménager un effet de surprise. S'il ne sait pas qu'il est lui-même recherché, je pense que ça peut peut-être aider à sa découverte et à son arrestation".

Lorsque les journalistes lui signalèrent que la justice belge avait donné son nom quelques minutes avant, François Molins, toujours stoïque, leur rétorqua : "La justice belge en prend la responsabilité".