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Un photographe britannique, John Cantlie, détenu dans un camp "djihadiste" en Syrie pendant une semaine avec un collègue néerlandais, a affirmé dimanche qu’une partie de ses ravisseurs venait du Royaume-Uni. "Ils étaient en tout environ 30, une douzaine parlait anglais et neuf avaient l’accent londonien", écrit John Cantlie dans le "Sunday Times".

Le Britannique avait été enlevé le 19 juillet avec le photographe néerlandais Jeroen Oerlemans dans le nord de la Syrie. Tous deux ont finalement été libérés par l’Armée syrienne libre (ASL) le 26 juillet, selon leurs récits. Juste après sa libération, M. Oerlemans avait déjà indiqué qu’il n’y avait "aucun Syrien présent" dans ce camp djihadiste. "Ils venaient du Pakistan, du Bangladesh, du Royaume-Uni, de Tchétchénie", a détaillé John Cantlie sur la BBC, ajoutant que certains de ses ravisseurs britanniques étaient particulièrement "vindicatifs", "des jeunes désenchantés venus du Royaume-Uni maintenant unis sous la bannière du djihad" et qui ont retourné "leur colère contre nous".

Interrogé, le "Foreign Office" a indiqué "prendre très au sérieux" ces informations . "La détérioration de la sécurité en Syrie laisse un espace dangereux", a indiqué un porte-parole du "Foreign Office". "La solution réside dans une action internationale énergique pour résoudre la crise", a-t-il dit.

Le photographe britannique, qui a été blessé au bras par des tirs de ses ravisseurs lors d’une tentative d’évasion tandis que son collègue néerlandais était touché à la hanche, indique qu’il a finalement été libéré grâce à l’intervention de quatre membres de l’ASL.

John Cantlie a également raconté avoir eu les yeux bandés et avoir été menacé de mort à plusieurs reprises. "A un moment, ils ont même commencé à aiguiser des couteaux pour une décapitation. C’était terrifiant", a-t-il dit sur la BBC. Le photographe, entré en Syrie par la Turquie, décrit dans le "Sunday Times" ses ravisseurs comme des "d jihadistes prêts à mourir dans une guerre sainte contre Bachar al-Assad, des islamistes fondamentalistes ayant la mission de convertir les mauvais musulmans à la charia".

De leur côté, les rebelles syriens ont revendiqué dimanche l’enlèvement, la veille, à Damas, de 48 Iraniens - présentés comme des pèlerins par Téhéran - dont ils vérifient les identités et entendent prouver qu’ils sont impliqués dans les combats contre l’opposition à Bachar al-Assad. L’Iran a demandé à la Turquie et au Qatar de l’aider à obtenir la libération des 48 otages, a rapporté l’agence de presse iranienne Irna.

"Nous avons reçu des informations sur ces Iraniens et avons commencé à les pister il y a deux mois", a déclaré le capitaine Abdel Nasser al Choumair, commandant de la brigade Al Baraa de l’Armée syrienne libre, interrogé par la chaîne de télévision Al Arabia.

Les insurgés accusent l’Iran, allié de Damas, d’envoyer des Gardiens de la révolution aider les forces syriennes, ce que dément Téhéran.

La télévision publique syrienne a déclaré que les Iraniens avaient été enlevés à bord d’un car sur la route de l’aéroport de Damas alors qu’ils comptaient visiter la mosquée Sayyeda Zeinab, un haut lieu de pèlerinage. Mais le capitaine Choumair affirme que l’autocar se trouvait loin de la mosquée et se dirigeait vers des zones de combat entre l’armée et les rebelles.